Qu’est-ce que le “super El Niño”, ce phénomène extrême qui menace la Tunisie et la Méditerranée ?
Le spécialiste du climat Hamdi Hachad a averti que la planète pourrait connaître un automne 2026 “exceptionnellement chaud”, marqué par des phénomènes météorologiques extrêmes et imprévisibles.
Intervenant ce samedi 30 mai 2026 sur les ondes de Diwan FM, il a expliqué que les modèles climatiques actuels, renforcés par l’intelligence artificielle, convergent vers des scénarios préoccupants à l’échelle mondiale.
Selon lui, les inquiétudes se concentrent autour du phénomène dit de “super El Niño”, caractérisé par une hausse progressive et anormale des températures de surface dans la partie orientale de l’océan Pacifique, le plus vaste réservoir d’eau de la planète.
Hamdi Hachad a indiqué que certaines zones du Pacifique enregistrent déjà des températures supérieures de 4°C aux normales saisonnières, un niveau qu’il qualifie d’“inédit”. Il s’est appuyé sur des données publiées par des organismes scientifiques internationaux, notamment Copernicus et l’Organisation météorologique mondiale, pour souligner que les mers et océans sont désormais en train de se transformer en véritables “réservoirs thermiques”, accumulant une énergie dépassant leur capacité naturelle de régulation climatique.
Des indicateurs climatiques de plus en plus alarmants
Le climatologue a également évoqué plusieurs phénomènes jugés particulièrement préoccupants ces derniers mois.
Il a notamment indiqué que la communauté scientifique débat désormais de l’introduction d’une “catégorie 6” dans l’échelle de classification des ouragans, traditionnellement limitée à cinq niveaux, après l’apparition de tempêtes dont les vents pourraient atteindre ou dépasser les 300 km/h.
Autre signal inquiétant : la hausse inhabituelle des températures en Méditerranée. Selon Hamdi Hachad, les eaux au large des côtes espagnoles et françaises ont déjà atteint 27°C durant le mois de mai, un seuil généralement observé à la fin du mois de juin.
L’Europe fait également face à un dôme thermique précoce, phénomène habituellement enregistré durant les mois de juillet et août, mais qui se manifeste cette année avec plusieurs semaines d’avance.
La Tunisie exposée à des phénomènes extrêmes
Revenant sur la situation en Tunisie, Hamdi Hachad a rappelé les épisodes climatiques violents survenus en janvier et février derniers, marqués par des inondations et des phénomènes de submersion marine ayant touché plusieurs zones côtières de la capitale.
Il a estimé que ces événements sont directement liés à l’accumulation de chaleur dans les mers depuis l’été 2025, avertissant que la rencontre entre des masses d’air froid et des eaux marines exceptionnellement chaudes pourrait transformer de simples perturbations météorologiques en phénomènes destructeurs.
“Toute masse d’air froide entrant en contact avec une mer chaude et humide pourrait désormais provoquer des événements climatiques beaucoup plus violents qu’auparavant”, a-t-il expliqué.
Le spécialiste a enfin insisté sur l’existence d’un consensus scientifique international concernant la gravité de ces évolutions climatiques, appelant à une préparation accrue face à la multiplication attendue des événements météorologiques extrêmes.



