La croissance économique dans la région du sud et de l’est de la Méditerranée (SEMED) devrait ralentir à 2,5 % en 2026, contre 3,1 % en 2025, avant de rebondir à 4,2 % en 2027, selon les dernières Perspectives économiques régionales publiées par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) en juin 2026.
Dans ce contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la hausse des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, la Tunisie devrait enregistrer une croissance de 2,2 % en 2026, après 2,5 % en 2025, un rythme qui devrait se maintenir en 2027.
La BERD souligne que les économies de ses régions d’intervention ont été confrontées à un environnement extérieur difficile dès le début de l’année 2026, avant même l’escalade du conflit au Moyen-Orient. L’institution relève notamment un affaiblissement de l’activité manufacturière mondiale dans un contexte de tensions commerciales croissantes et de ralentissement du commerce international.
Selon la BERD, la flambée des prix du pétrole et du gaz, provoquée par les perturbations affectant les infrastructures énergétiques et le transport maritime via le détroit d’Ormuz, a accentué les pressions inflationnistes dans plusieurs économies émergentes, dont celles de la région SEMED.
L’inflation dans les régions de la BERD, qui avait ralenti fin 2025 grâce au resserrement monétaire et à la modération de la croissance des salaires, est repartie à la hausse début 2026. Elle a progressé de 1,2 point entre février et avril 2026 pour atteindre 6,4 % en moyenne, sous l’effet principalement de l’augmentation des prix de l’énergie et des produits alimentaires.
La BERD estime que cette situation affecte particulièrement les économies du sud et de l’est de la Méditerranée, où les dépenses énergétiques et alimentaires représentent une part importante du panier de consommation des ménages.
Concernant la Tunisie, l’institution met en avant la poursuite du processus de désinflation en 2025, tout en notant un ralentissement de cette tendance au début de 2026 sous l’effet de la hausse des prix alimentaires.
La BERD souligne également la persistance des vulnérabilités budgétaires et extérieures du pays. Le déficit budgétaire ciblé devrait atteindre 6 % du PIB en 2026, tandis que les réserves en devises couvriraient environ trois mois et demi d’importations.
L’institution indique que la hausse des coûts des importations énergétiques et alimentaires continue de peser sur les finances publiques ainsi que sur la position extérieure de la Tunisie.
À l’échelle de l’ensemble des régions couvertes par la BERD, la croissance devrait ralentir de 3,4 % en 2025 à 3,1 % en 2026 avant de remonter à 3,6 % en 2027. Ces prévisions ont été revues à la baisse par rapport aux estimations publiées en février 2026, en raison principalement des conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient et du durcissement des conditions financières mondiales.



