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Société

Tunisie : un logement social accessible dès 650 dinars par mois

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  • 5 juin 2026
  • 5 min de lecture
Tunisie : un logement social accessible dès 650 dinars par mois

La Tunisie accélère la mise en œuvre de son nouveau programme de location-vente de logements sociaux, un dispositif destiné aux salariés des secteurs public et privé, qui prévoit la réalisation de 5 000 logements à l’échelle nationale et l’instauration d’une plateforme numérique obligatoire pour les inscriptions. Les premières estimations fixent les loyers mensuels entre 650 et 800 dinars, en fonction du coût final des projets.

Ce programme, présenté par la directrice générale du logement au ministère de l’Équipement et de l’Habitat, Ichrak Ben Ali, s’inscrit dans une réforme plus large du logement social visant à renforcer la transparence, élargir l’accès à la propriété et moderniser la gestion des demandes.

Un coût global de 750 millions de dinars pour 5 000 logements

Selon les précisions fournies, le coût global de réalisation des 5 000 logements est estimé à environ 750 millions de dinars. Une fois les projets finalisés, le coût total sera réparti entre les logements afin de déterminer le prix réel de chaque unité.

Ce montant sera ensuite transformé en mensualités étalées sur 300 mois (25 ans maximum), selon un mécanisme progressif adapté à la capacité de remboursement des bénéficiaires.

La responsable a aussi indiqué que la durée de paiement dépendra directement des revenus des ménages concernés, tout en fixant un plafond maximal de remboursement à 25 ans.

Par ailleurs, dans cette phase initiale, les autorités avancent une fourchette indicative de loyers mensuels comprise entre 650 et 800 dinars, destinée à donner une première visibilité aux futurs bénéficiaires.

Ces montants concernent les salariés du secteur public et privé remplissant les conditions d’éligibilité. Ils seront ajustés définitivement après la finalisation des coûts réels de construction et leur répartition par logement.

Une plateforme numérique obligatoire d’ici fin 2026

Un des piliers majeurs du dispositif est la mise en place d’une plateforme électronique nationale, qui sera opérationnelle d’ici la fin de l’année 2026.

L’inscription au programme y sera obligatoire, afin de garantir une gestion entièrement numérisée des demandes et d’éviter toute intervention humaine dans la sélection initiale.

Selon les autorités, la liste préliminaire des bénéficiaires sera générée automatiquement sur la base de critères objectifs définis à l’avance. Les réclamations seront ensuite examinées par une commission spécialisée avant validation de la liste définitive.

Cette plateforme sera également interconnectée avec plusieurs systèmes nationaux, notamment la plateforme “Madania” du ministère de l’Intérieur, “Rafik” du ministère des Finances, ainsi que les bases de données de l’assurance sociale, afin de vérifier automatiquement les informations des candidats.

L’accès au programme est soumis à plusieurs conditions précises. Le candidat doit être de nationalité tunisienne et ne pas être propriétaire d’un logement, condition également applicable au conjoint en cas de mariage.

Le revenu mensuel brut du ménage ne doit pas dépasser six fois le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Par ailleurs, l’âge maximal de remboursement est fixé à 75 ans.

Ces critères visent à cibler les catégories sociales à revenu faible et moyen, tout en garantissant une meilleure équité dans l’attribution des logements.

Un programme national progressif sur plusieurs régions

Il est aussi important de souligner que le programme de location-vente sera déployé progressivement sur l’ensemble du territoire tunisien. Dès 2026, il concernera 11 gouvernorats, avec un démarrage déjà lancé dans la région de Manouba.

Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de l’État visant à réduire le déficit en logements sociaux et à mieux répondre aux besoins des ménages à revenus limités.

La réalisation du programme sera assurée par deux structures publiques majeures du secteur immobilier : la SNIT et la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS).

Ces deux organismes seront chargés de superviser la construction, la gestion et la livraison des logements, en coordination avec les autorités de tutelle.

Les autorités ont également précisé qu’un guide de procédures complet a été élaboré pour encadrer toutes les étapes du programme : de la planification des projets jusqu’à la remise des clés, en passant par la gestion des loyers et la signature des contrats de propriété.

Les crédits nécessaires ont déjà été mobilisés afin de garantir la mise en œuvre effective du programme dans les délais annoncés.

Un signal de départ officiel des travaux

Le lancement concret du programme a été marqué par le démarrage des travaux de la première tranche, portant sur 162 logements sociaux dans le cadre du dispositif de location-vente.

Ce projet pilote marque la première étape d’un programme plus large qui ambitionne de transformer en profondeur l’accès au logement social en Tunisie.

Avec ce dispositif combinant financement étalé, numérisation des inscriptions et encadrement strict des critères d’éligibilité, les autorités cherchent à instaurer un modèle plus transparent et plus accessible du logement social.

La généralisation progressive du programme, couplée à la digitalisation des procédures, devrait constituer un tournant important dans la politique du logement en Tunisie à l’horizon 2026 et au-delà.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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