gradient blue
gradient blue
A la une Société

Tunisie : vers une réglementation de l’accouchement à domicile ?

Avatar photo
  • 6 juin 2026
  • 3 min de lecture
Tunisie : vers une réglementation de l’accouchement à domicile ?

L’Association tunisienne des sages-femmes a appelé ce samedi à l’ouverture d’un dialogue national participatif réunissant le ministère de la Santé, les professionnels de santé, les experts juridiques et les représentants de la société civile, dans le but de discuter de l’avenir de l’accouchement accompagné à domicile en Tunisie et d’établir un cadre juridique clair pour le réglementer.

Cet appel a été lancé dans un communiqué publié par l’association à l’occasion de la Journée mondiale de l’accouchement accompagné à domicile, dans lequel elle a insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre législatif et réglementaire définissant les conditions de l’accouchement à domicile, les normes de sécurité et les mécanismes de coordination avec les structures de santé, de manière à garantir la sécurité de la mère et du nouveau-né et à prendre en compte les mutations sociales et la demande croissante pour ce type de soins.

L’association a souligné la nécessité de reconnaître les accouchements à domicile comme une réalité sanitaire et sociale qui mérite d’être étudiée et encadrée, et de renforcer le droit des femmes à choisir le lieu de l’accouchement et le mode de prise en charge adapté à leurs besoins, dans le respect des normes scientifiques et en garantissant la sécurité.

Elle a précisé qu’en Tunisie, les accouchements à domicile ont lieu, dans certains cas, de manière urgente ou inattendue en raison de la rapidité du travail ou des difficultés d’accès aux établissements de santé, ou en réponse au souhait d’un certain nombre de femmes de recevoir des soins au sein de leur cercle familial.

Elle a ajouté que le cadre juridique en vigueur ne contient pas de disposition explicite interdisant l’accouchement à domicile, soulignant que les textes régissant l’exercice libéral de la profession de sage-femme permettent d’intervenir en dehors des établissements de santé et, le cas échéant, à domicile.

L’association a averti que l’absence d’un cadre juridique et réglementaire clair n’empêche pas ces accouchements d’avoir lieu dans la réalité, mais expose les femmes et les professionnels à une précarité juridique et réglementaire, et limite la capacité du système de santé à garantir des parcours d’orientation et de prise en charge clairs et sûrs.

Dans ce contexte, elle a appelé à renforcer le rôle des sages-femmes dans les soins de santé communautaires et à accompagner les femmes tout au long des différentes étapes de la grossesse, de l’accouchement et de la période postnatale, afin de leur permettre de prendre les décisions nécessaires concernant le lieu de l’accouchement et le type de prise en charge.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page