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Ayant perdu 70 000 ha de leur espace depuis la révolution, l’État se mobilise pour sauver les forêts tunisiennes …

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  • 8 juin 2026
  • 3 min de lecture
Ayant perdu 70 000 ha de leur espace depuis la révolution, l’État se mobilise pour sauver les forêts tunisiennes …

Ravagé par les flammes et les invasions biologiques depuis 2011, le patrimoine forestier tunisien a souffert. Désormais il fait l’objet d’un plan de sauvetage massif qui inclue reboisement citoyen et déploiement de drones de surveillance, l’État mobilise les start-ups pour contrer les risques d’incendies estivaux.

Le constat est alarmant : Depuis la révolution, la Tunisie a vu partir en fumée pas moins de 70 000 hectares de son couvert forestier. Invité ce lundi 8 juin 2026 à ce propos sur les ondes de la Radio Nationale, M. Mohamed Noufel Ben Haha, directeur général des forêts au ministère de l’Agriculture, a dressé un bilan sombre où les incendies et la prolifération de parasites insectoïdes ne cessent de menacer la biodiversité des écosystèmes méditerranéens.

« Face à cette crise écologique, la résilience de la nature ne suffit plus. Si certaines espèces végétales parviennent à se régénérer seules, la main de l’homme est devenue indispensable pour reconstruire les massifs détruits », a laissé entendre l’intervenant. Et d’ajouter qu’une synergie verte s’est ainsi mise en place. « Au cours des trois dernières années, la Direction Générale des Forêts a orchestré le reboisement de 10 000 hectares, épaulée par la société civile qui a reverdi 5 000 hectares supplémentaires », a-t-il noté. En parallèle, ajoute M. Ben Haha, « des campagnes de distribution de jeunes plants ciblent les municipalités, les agriculteurs et les propriétaires privés pour accélérer ce grand chantier de restauration forestière ».

À l’approche de la saison estivale, la Direction générale des forêts passe en mode combat. Le plan de contingence national, budgétisé par l’État, s’articule autour de travaux d’infrastructure lourds, à savoir l’ouverture de tranchées pare-feu, l’aménagement de pistes d’accès pour les secours, la création de points d’eau stratégiques ainsi que le débroussaillage et l’éclaircissement des zones boisées trop denses.

Il a ajouté qu’une coordination est établie avec toutes les parties intervenantes, notamment la protection civile et les services de sécurité, afin de fixer un plan d’intervention annuel, signalant le déploiement de points d’intervention de proximité, en particulier dans les « zones noires » qui connaissent une récurrence des incendies. Dès lors, il a précisé qu’un maillage sécuritaire strict, coordonné avec la Protection civile et les forces de l’ordre, cible en priorité les « points noirs » du Nord-Ouest, notamment à Sejnane, Nefza, Tabarka et Aïn Draham, où la présence de décharges anarchiques agit comme un multiplicateur de risques.

L’urgence est déjà palpable sur le terrain. « Rien qu’en mai, 107 départs de feu ont été enregistrés dans les zones agricoles en pleine moisson, menaçant par effet de contagion les forêts limitrophes », a-t-il souligné.

Alors que la quasi-totalité de ces sinistres reste d’origine humaine, par négligence ou acte malveillant, les autorités imposent désormais des équipements d’extinction aux agriculteurs et opèrent un virage technologique majeur. « La Tunisie va en effet s’appuyer sur l’écosystème de ses start-ups pour déployer des flottes de drones de surveillance, une arme technologique cruciale pour détecter les foyers de fumée avant qu’ils ne se transforment en brasiers incontrôlables », a(t-il indiqué.

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Auteur

Abir Chemli

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