Étalages anarchiques et occupation de l’espace public : Nul n’est au-dessus de la loi !
Qui a dit que les étalages anarchiques ont, complètement, disparu de nos rues ? Ce phénomène est si vieux et tentaculaire qu’on n’arrive guère à l’éradiquer. Récurrent, il devient le jeu du chat et de la souris !
La Presse — Etalages anarchiques, ici et là, évoluant en dents de scie. Ce fameux serpent de mer continue à investir places publiques et trottoirs, dans la capitale et ses environs. Il suffit de faire le tour des rues et ruelles du centre- ville de Tunis et aux abords du marché central, pour se rendre compte de l’ampleur d’un commerce parallèle aussi florissant. Vente à la sauvette, c’est bien un métier à part qui n’obéit jamais à l’économie de marché dont plus de la moitié entre dans l’informel. Fournisseurs et contrebandiers en sont les barons, de tout temps.
Quotidiennement, l’on se retrouve de front face à des étals de produits et marchandises aux origines inconnues. Ces étals, on les voit gagner du terrain, aux dépens de la circulation, bloquant ainsi trottoirs et passages-piétons. Par où passer, alors ? Ainsi, règne l’anarchie, sans qu’on en vienne à bout définitivement. Y a-t-il, vraiment, solution à ce fléau ? Seulement des campagnes sécuritaires, parfois, musclées menées, sans succès, loin d’un contrôle rigoureux et régulier.
Mais, pas uniquement Tunis qui en souffre le plus. Certaines régions ne sont pas, non plus, épargnées. Pas plus tard que mercredi dernier, à Médenine, puis à Mégrine, des campagnes d’envergure ont été menées, en coopération avec les brigades de la police municipale pour libérer les trottoirs et faire face à l’exploitation illicite de l’espace public. De même, à Tataouine, une séance de travail, tenue, le week-end dernier, au siège du gouvernorat, consacrée à l’examen des mesures appropriées pour lutter contre les étalages anarchiques et l’occupation abusive des trottoirs. C’est que, devant les cafés et les commerces ouverts au public, à Tunis ou ailleurs, on a du mal à trouver des points d’accès. Y a-t-il un pilote dans l’avion ?!
Marchands récalcitrants
Somme toute, il y a, tout à fait, raison de se poser une question : que fait-on pour rendre aux piétons leur légitime et naturel territoire, sans pour autant toucher à des gagne-pains ? Dans ce sens, il y avait eu plein d’idées et des propositions de déménagement vers d’autres espaces aménagés à cet effet. Or, cette résolution n’était pas du goût de ces marchands récalcitrants. Tout prétexte est bon pour préserver leurs sources de revenus, et ne pas perdre leurs clients. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, dit l’adage.
Certes, ces récentes opérations de coup-de-poing interviennent au moment où l’on s’apprête à accueillir la saison touristique, ce qui exige un environnement propice à des visites et déplacements aisés. Mais ces campagnes devraient être organisées sur toute l’année pour en finir avec toutes les formes d’étalages anarchiques et l’appropriation de l’espace public.
A force de se laisser faire ainsi dans l’impunité, ce phénomène d’incivisme gagne en fausse légitimité, s’appropriant le droit d’exister. Et pour cause ! Les municipalités et les autorités locales et régionales sont appelées à agir en tout temps et en tout lieu, en intensifiant le contrôle rigoureux et en durcissant les mesures de prévention. Nul n’est au-dessus de la loi.
Car la propreté du milieu, l’esthétique de l’espace urbain et la sécurité des citoyens priment sur tout autre considération. A bon entendeur.. !



