Pour son entrée en lice dans le Mondial 2026, la sélection tunisienne de football a vécu une nuit mexicaine compliquée, s’inclinant lourdement (1-5) face à une équipe de Suède clinique et puissante, au BBVA Stadium de Monterrey. Une défaite certes sévère dans le score, mais qui ne saurait à elle seule éteindre la lumière des espoirs carthaginois dans ce groupe F.
L’affiche de ce dimanche soir tardif (03h00, heure tunisienne) avait tout d’un premier grand oral pour les hommes de Sabri Lamouchi. Devant une Suède de retour sur la scène planétaire après son absence au Qatar, les Aigles de Carthage espéraient écrire une nouvelle page de leur histoire et chasser ce signe indien qui les empêche, depuis six participations, d’accéder aux phases finales.
Pourtant, le scénario a rapidement tourné à l’avantage des « Vikings », bien décidés à faire parler leur puissance offensive. Dès les premières minutes, le ton était donné. La Suède imposait une intensité étouffante et, après un premier frisson signé Viktor Gyökeres, Yassine Ayari trouvait la faille à la 6e minute, douchant les ambitions tunisiennes d’entrée.
La réaction tunisienne ne se faisait pas attendre, avec un contre éclair mené par Elias Saad, seul en pointe dans le 4-3-2-1 choisi par Lamouchi, qui lançait Anis Ben Slimane. Malheureusement, le drapeau de l’assistant se levait pour un hors-jeu, annulant une occasion qui aurait pu relancer les coéquipiers d’Hannibal Mejbri.
Les Scandinaves, dominateurs dans la possession, ne laissaient que peu de répit à la défense tunisienne. À la demi-heure de jeu, alors que la Tunisie tentait de recoller, un contre supersonique permettait à Alexander Isak, pourtant incertain avant la rencontre, de se jouer d’Omar Rekik et Montassar Talbi avant de tromper Mouhib Chamekh. Un deuxième but qui faisait très mal, juste avant la pause.
Mais le cœur et l’orgueil des Tunisiens allaient parler dans ce dernier quart d’heure de la première période. Sur une action qui semblait anodine, Hannibal Mejbri, en changeant de flanc, distillait un centre parfait du côté droit pour la tête rageuse d’Omar Rekik. La réduction du score (1-2, 43e) résonnait comme une bouffée d’oxygène et permettait aux Aigles de regagner les vestiaires avec un retard mesuré et l’espoir de renverser la vapeur.
Au retour des vestiaires, l’entame était tunisienne. La possession du ballon, stérile mais réelle, laissait entrevoir une volonté de repartir de l’avant. Mais le football de haut niveau ne laisse que peu de place aux intentions sans réalisme. Sur une relance hasardeuse à l’entrée de la surface, Ilyes Sekhiri se faisait chiper le ballon, et Viktor Gyökeres, en véritable « gunner », ne se priait pas pour aggraver la marque (1-3, 60e).
Dès lors, la mission se compliquait considérablement. Lamouchi tentait bien de réveiller son équipe avec plusieurs changements, lançant du sang neuf dans le dernier quart d’heure. Les entrées de Sébastien Tounekti, Elias Achouri et Mohamed Belhaj Mahmoud, puis d’Ismael Gharbi et Firas Chaouat, n’ont pas suffi à inverser la dynamique. Pire, la Suède, décomplexée, enfonçait le clou par Mattias Svanberg (86e) puis un doublé de Yassine Ayari dans les arrêts de jeu (90e+6), scellant la plus lourde défaite tunisienne en phase finale de Coupe du Monde.
Si le score est lourd à porter pour une jeune sélection pleine de bonne volonté, cette entrée en lice doit être relativisée. Dans l’autre match du groupe, le Japon et les Pays-Bas se sont neutralisés (2-2) à Arlington, laissant le groupe F plus ouvert que jamais. La route est encore longue et le destin des Aigles de Carthage passera désormais par une réaction rapide. Le prochain rendez-vous, samedi soir face au Japon, s’annonce déjà comme un premier pas pour entretenir la flamme d’une qualification historique.
Formation de l’équipe de Tunisie:
Mouhib Chamekh, Ali Abdi, Montassar Talbi, Omar Rekik, Mohamed Amine Ben Hamida, Yan Valery (Belhaj Mahmoud), Ellyes Skhiri (Achouri), Rani Khedhira (Ismail Gharbi), Hannibal Mejbri, Elias Saad (Tounekti), Anis Ben Slimane (Firas Chaouat).


