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Entretien avec Mohamed Rebhi, président de l’INSSPA : «Tous les fruits disponibles sur le marché sont sains»

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  • 17 juin 2026
  • 6 min de lecture
Entretien avec Mohamed Rebhi, président de l’INSSPA : «Tous les fruits disponibles  sur le marché sont sains»

Faut-il se méfier des fruits à eau disponibles sur le marché ? Le melon et la pastèque constituent les fruits les plus prisés par les Tunisiens en été. Néanmoins, la présence sur le marché de pastèques présentant des taches blanchâtres ou encore un arrière-goût, sinon un goût fade, risque de susciter la réticence des consommateurs les plus exigeants. Pour s’assurer de la qualité et de la sécurité sanitaire de ces produits, nous avons sollicité l’avis de Mohamed Rebhi, président de l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaire (Insspa).   

Des rumeurs circulent sur la probable toxicité des fruits à eau, notamment la pastèque et le melon. Confirmez-vous ou infirmez-vous ces dires ?

Des rumeurs ont été aussi véhiculées sur les réseaux sociaux pour compromettre la commercialisation des fraises. Les malfaiteurs n’ont pas hésité, de surcroît, à accoler cette intox à l’Instance nationale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires et au ministère de la santé pour conférer à leur mensonge une crédibilité infaillible.

Or, nous avions, bel et bien, mené nos enquêtes et réalisé les anodines analyses, lesquelles avaient déjà prouvé la fiabilité de ce fruit. Saisissant l’occasion des cas d’intoxications mortelles survenus à Meknassi, des intox ont, également, circulé pour pointer du doigt les pastèques comme étant la source du drame, sans fondement scientifique aucun.

Et pour preuve : l’intoxication était due à la consommation d’une plante toxique. Il faut que le public comprenne, enfin, que la mission de l’Instance ne repose pas sur les intox et les rumeurs. Notre travail suit un programme annuel méthodique. Chaque saison dispose de mesures bien définies. C’est que chaque saison a ses propres spécificités et exigences. Le contrôle sanitaire des fruits estivaux s’inscrit, justement, dans le cadre du contrôle sanitaire des produits alimentaires durant la saison chaude.

En quoi consiste le contrôle sanitaire des fruits d’été ?

Il consiste à s’assurer de la sécurité alimentaire de ces produits. Il obéit à un processus bien déterminé, lequel s’accomplit depuis les terres cultivées et jusqu’au produit fini. Auparavant, la loi ne nous autorisait qu’à analyser le produit final. Mais depuis quelque temps, elle nous accorde l’aval de faire le contrôle et le suivi sanitaire des produits alimentaires sur toute la chaîne de la production, notamment les fermes, les circuits de distribution et le produit final.

Le contrôle sanitaire des fruits estivaux, dont le melon et la pastèque, est effectué à travers des prélèvements d’échantillons, lesquels sont analysés pour dénicher les éventuelles contaminations microbiologiques et autres, physicochimiques. S’agissant de la pastèque, il importe d’y rechercher des résidus de métaux lourds, comme le cadmium et le plomb. Si ces derniers sont repérés, cela prouverait que l’agriculteur a jeté des batteries dans les eaux d’irrigation. Le contrôle vise aussi à rechercher les résidus de pesticide, lesquels trahissent une surutilisation de ces matières. On parle d’une liste de six cents matrices à déceler dans lesdits résidus.

Si les fruits à eau sont sains de toute contamination, à quoi donc sont dus certains arrière-goûts ou encore les traces blanchâtres dans les pastèques ? N’est-ce pas des signes qui avertissent sur une certaines toxicité ou encore sur une mauvaise qualité ?

Il existe plusieurs variétés de melons et de pastèques, à l’instar des autres fruits. Le goût et l’aspect visuel changent non seulement selon les variétés mais aussi selon la région dans laquelle ils sont cultivés, notamment la nature du sol, le climat… Comme vous le savez, les pastèques sont désormais cultivées à Kasserine, à Kairouan, à Sidi Bouzid, à Thala, d’où les divers goûts et aspects de la chair.

Une chose est sûre : tous les fruits disponibles sur le marché sont sains et ne contiennent ni microbes, ni résidus de pesticides et encore moins de métaux lourds. Les Tunisiens doivent savoir que l’Insspa puise son essence de la protection des consommateurs via la garantie de produits alimentaires sûrs. Nous avons prêté serment quant à cela. Il faut aussi que les Tunisiens aient confiance en les parties officielles. Seules les parties de tutelles donnent l’information juste. Autant se méfier des sources invraisemblables  sur les réseaux sociaux.

Que recommandez-vous aux consommateurs ?

Je leur recommande d’être regardants sur les conditions d’hygiène ! En raison de la baisse du pouvoir d’achat, certains préfèrent acheter des portions de pastèque plutôt qu’un fruit en entier.

Cela leur coûte moins cher. Or, le découpage de ces portions n’obéit pas aux conditions d’hygiène requises. Les marchands utilisent souvent des couteaux malpropres, exposés à la pollution et aux insectes, ce qui favorise les intoxications. Il faut savoir, aussi, qu’une pastèque découpée doit, immédiatement, être placée au réfrigérateur sinon elle sera contaminée.

Aussi, recommandons-nous d’acheter des pastèques en entier sinon des portions proposées dans les grandes surfaces car conformes aux normes d’hygiène et de conservation. D’ailleurs, les consommateurs sont vivement appelés à respecter les règles d’hygiène et de conservation des produits alimentaires, surtout ceux qui périssent rapidement.

La hausse des températures est propice aux contaminations micro-bactériennes et par conséquent aux intoxications.

L’Insspa s’applique au contrôle et au suivi desdits aliments, dont les produits laitiers, les poissons et mollusques, les glaces, les produits de fastfood mais aussi les produits proposés par les restaurants et les salons de thé ; bref tout ce qui connaît une surconsommation durant la saison estivale.

Le respect des conditions d’hygiène et de conservation s’impose aussi dans les préparatifs des cérémonies. Les consommateurs doivent aussi miser sur des produits de qualité et veiller à ce qu’ils proposent de tels à leurs convives. Cela va de l’intérêt et de la sécurité de tous.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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