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Transition écologique : la Tunisie s’impose en modèle régional du refroidissement durable

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  • 18 juin 2026
  • 5 min de lecture
Transition écologique : la Tunisie s’impose en modèle régional du refroidissement durable

Lors d’un atelier organisé ce jeudi 18 juin 2026 par l’ANPE, la feuille de route tunisienne pour 2030 a été dévoilée. Il est question de miser sur la modernisation industrielle et le refroidissement intelligent afin d’éviter des centaines de milliers de tonnes de CO2.

Un panel d’industriels, de techniciens du froid et d’experts sectoriels ont pris part à l’atelier de travail organisé par l’Agence nationale de protection de l’environnement pour plaider une valeur commune : « Le refroidissement de demain sera vert ou ne sera pas ». Tout en se penchant sur la sensibilisation quant à l’importance du refroidissement durable et son rôle dans la protection de l’environnement ainsi que dans la réduction des effets du changement climatique, la présence s’est attardée sur la nécessité d’accélérer l’adoption de technologies de réfrigération éco-responsables.

A cet effet, M. Lassaad Ben Hussein, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), a rappelé qu’outre ses bienfaits sur l’atmosphère, « ce secteur de refroidissement est le garant invisible de notre sécurité alimentaire et de notre santé publique, tout en étant un moteur de compétitivité économique », a-t-il estimé.

Et de souligner que les chiffres mondiaux de la FAO rappellent le coût humain d’une chaîne du froid défaillante : « chaque année, 26 millions de tonnes de nourriture sont perdues, soit 12 % de la production mondiale. Ce gaspillage géant suffirait à nourrir un milliard de personnes. Par ailleurs, le froid est vital pour sécuriser l’approvisionnement en vaccins et médicaments sensibles dans les hôpitaux tout en boostant des secteurs clés de l’économie tunisienne comme l’agroalimentaire, la pêche, le tourisme et l’export.

Et ce, à travers l’amélioration de la qualité des produits, la réduction des pertes et le renforcement des opportunités d’accès aux marchés extérieurs. L’enjeu est d’autant plus pressant que la demande mondiale de climatisation et de réfrigération va tripler d’ici 2050, imposant un virage immédiat vers l’efficacité énergétique et l’adoption de techniques de consommation d’énergie qui ont moins d’impact sur le climat ».

Pour sa part, Youssef Hammami, coordinateur de l’Unité nationale de l’ozone au sein de l’ANPE, a mis en avant les initiatives concrètes déployées à l’échelle nationale pour relever ces défis environnementaux. « En vertu des engagements pris dans le cadre de l’amendement de Kigali (Protocole de Montréal), la Tunisie s’est fixé pour objectif de réduire sa consommation de gaz hydrofluorocarbones (HFC) de 28 % d’ici 2030.

Un plan d’investissement ciblant sept grandes usines locales de fabrication de climatiseurs est ainsi sur le point d’aboutir. Ce programme les aide à substituer les anciens fluides frigorigènes polluants par des alternatives à très faible impact climatique. À lui seul, ce projet va éliminer l’équivalent de 150 000 tonnes d’émissions de dioxyde de carbone », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter qu’au total, « l’application des accords de Kigali permettra à la Tunisie d’économiser 550 000 tonnes supplémentaires de CO2, maximisant son impact dans la lutte contre le réchauffement global ». En parallèle, a-t-il souligné, l’ANPE exécute des projets de mise à niveau technique pour optimiser l’efficacité énergétique des climatiseurs produits localement.

Une nécessité absolue face aux pics de consommation d’électricité qui saturent le réseau national chaque été. Il a mentionné un programme d’investissement ciblant sept entreprises industrielles actives dans le domaine de la fabrication d’appareils de climatisation. Ce projet tend à les aider à remplacer les fluides frigorigènes à fort impact sur le climat par des alternatives à faible potentiel de réchauffement global. « Il est attendu que ce projet, qui est sur le point de s’achever, contribue à la réduction des émissions de l’équivalent de 150 000 tonnes de dioxyde de carbone ».

Promouvoir le « refroidissement intelligent » sur le terrain

Youssef Hammami a insisté sur l’urgence d’imposer le concept de « refroidissement intelligent ». Cette approche repose sur des innovations techniques et des conceptions de systèmes beaucoup moins énergivores et plus respectueuses de la nature. Le responsable a également lancé un appel pressant aux ingénieurs et techniciens du secteur pour qu’ils adoptent des pratiques strictes de maintenance et une gestion éco-responsable des fluides frigorigènes. Face aux mutations technologiques ultrarapides, la mise à niveau des compétences de tous les acteurs est indispensable pour réduire durablement l’empreinte carbone du pays.

Grâce à cette alliance réussie entre structures nationales et agences internationales, la Tunisie est officiellement devenue une vitrine et un modèle inspirant pour de nombreux pays du monde arabe et de l’espace francophone. Pour consolider ces acquis, le pays a gelé sa consommation de HFC dès 2020 et a enregistré, à la fin de l’année 2025, une baisse remarquable de 70 % de sa consommation par rapport à ses niveaux de référence, épargnant ainsi 717 000 tonnes de CO2 à l’atmosphère. Pour l’année 2026, un système de quotas d’importation stricts continuera d’orienter les entreprises locales spécialisées vers ces solutions alternatives et durables.

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Auteur

Abir Chemli

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