Panne au barrage de Mellègue : 21 millions de m³ d’eau relâchés en quelques heures
La situation autour du barrage de Mellègue, situé dans la délégation de Nebeur (gouvernorat du Kef), est désormais sous contrôle après l’incident technique qui a affecté récemment l’une de ses vannes de sécurité. Selon le député du Kef, Imed Sediri, aucun décès ni dégât matériel majeur n’a été enregistré, malgré l’importante quantité d’eau évacuée à la suite du dysfonctionnement.
Intervenant sur les ondes de Diwan FM, le parlementaire a indiqué que l’incident a concerné la vanne d’urgence du barrage, utilisée notamment pour gérer les crues provenant du territoire algérien. Une panne d’origine électrique aurait provoqué un dysfonctionnement de l’équipement, entraînant l’ouverture incontrôlée de la vanne et l’écoulement d’importants volumes d’eau.
Selon les informations communiquées, le débit a atteint des niveaux exceptionnellement élevés avant de diminuer progressivement grâce aux mesures de gestion mises en place. Au total, près de 21 millions de mètres cubes d’eau auraient quitté la retenue du barrage.
Le député a toutefois tenu à rassurer quant au devenir de ces ressources hydriques. Les volumes déversés ont été dirigés vers le barrage de Sidi Salem, principal réservoir du pays, dont la capacité permet d’absorber ces apports supplémentaires sans difficulté majeure.
Des dégâts limités
D’après les premières évaluations, l’incident n’a provoqué ni pertes humaines ni dommages significatifs aux habitations ou aux infrastructures publiques. Seules certaines exploitations agricoles situées à proximité du lit de l’oued auraient subi des dégâts limités, notamment des oliveraies riveraines.
Imed Sediri a néanmoins estimé que cet incident met en évidence certaines insuffisances dans le système de maintenance préventive des infrastructures hydrauliques. Il a souligné que la réparation de la vanne endommagée nécessitera des moyens financiers importants, des équipements spécialisés ainsi que l’intervention d’équipes techniques hautement qualifiées.
Parallèlement, le député a annoncé que les travaux du nouveau barrage supérieur de Mellègue, réalisés par des entreprises chinoises, sont dans leur phase finale. Sa mise en exploitation est attendue dès le mois de septembre prochain.
Cette nouvelle infrastructure devrait permettre l’irrigation de 12 000 à 13 000 hectares de terres agricoles, renforçant ainsi les capacités hydrauliques de la région et contribuant à la sécurisation des ressources en eau.
Le parlementaire a toutefois insisté sur la nécessité de préserver l’ancien barrage de Mellègue et de procéder à sa réhabilitation. Selon lui, les deux ouvrages devront fonctionner de manière complémentaire afin de renforcer la gestion des ressources hydriques et la protection contre les crues dans cette région stratégique du nord-ouest tunisien.
L’incident relance ainsi le débat sur l’entretien et la modernisation des infrastructures hydrauliques du pays, dans un contexte où la sécurité des barrages demeure un enjeu majeur pour la gestion de l’eau et le développement agricole.
R.I



