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Sport

Le champion tunisien d’échecs, Mohamed Nouwali, face à sa fédération pour des publications Facebook

  • 19 juin 2026
  • 3 min de lecture
Le champion tunisien d’échecs, Mohamed Nouwali, face à sa fédération pour des publications Facebook

Le joueur d’échecs tunisien et maître international Mohamed Nouwali est convoqué devant la commission des litiges de la Fédération tunisienne des échecs le 26 juin 2026. Cette procédure disciplinaire intervient à la suite de publications diffusées sur ses réseaux sociaux, dans lesquelles il critique la gestion de la discipline et le fonctionnement des instances dirigeantes.

Selon la Fédération, ces prises de position constituent un manquement au règlement interne. Deux griefs principaux sont avancés : le non-respect des convocations de l’équipe nationale à certaines compétitions internationales, et des publications jugées offensantes à l’égard de responsables fédéraux.

Pour l’instance dirigeante, ces faits auraient causé des préjudices organisationnels et financiers, tout en portant atteinte au respect dû aux structures sportives.

Un joueur qui revendique son droit à la parole

De son côté, Mohamed Nouwali conteste fermement cette lecture des faits. Le champion tunisien affirme que ses publications ne comportent aucune accusation de corruption ou de fraude, mais relèvent d’un témoignage personnel sur son parcours et les difficultés rencontrées au sein du système sportif.

Il affirme être devenu, selon ses mots, “un dossier judiciaire itinérant”, estimant que ses prises de parole ont pris plus de poids que ses performances sportives. Nouwali rappelle son palmarès : premier Tunisien champion d’Afrique des jeunes en 2010, triple champion arabe et champion de Tunisie des seniors.

Il insiste également sur le fait qu’il se présentera devant la commission par respect des institutions, tout en défendant son droit à la liberté d’expression et à la critique.

Un parcours marqué par les frustrations et les accusations de manque de soutien

Dans ses déclarations, le joueur revient longuement sur son parcours sportif. Il évoque un environnement qu’il décrit comme difficile dès ses débuts, notamment au sein de son club formateur, où il dit avoir été confronté à des tensions internes et à un manque de soutien structurel.

Il rappelle que son titre continental en 2010 aurait dû constituer un tournant dans sa carrière, accompagné de promesses de soutien et de développement. Toutefois, il affirme que ces engagements n’auraient pas été suivis d’effets concrets.

Selon lui, malgré ses résultats nationaux et internationaux, il n’a jamais bénéficié d’un accompagnement à la hauteur de ses performances. Il va plus loin en affirmant que son succès a parfois été perçu comme une contrainte plutôt qu’un levier de développement pour son environnement sportif.

Aujourd’hui encore, il soulève des questions sur la gestion des ressources allouées à son club, notamment une hausse de budget annoncée après son titre africain, dont il dit ne jamais avoir vu les retombées réelles.

Une affaire qui dépasse le cadre sportif

Au-delà du cas individuel, cette affaire relance le débat sur la liberté d’expression des sportifs et la gouvernance des fédérations sportives en Tunisie. Pour Mohamed Nouwali, la critique ne devrait pas être assimilée à une faute disciplinaire, tant qu’elle repose sur des expériences personnelles.

Il affirme continuer à défendre son droit à s’exprimer et à demander des explications sur son parcours, estimant que “la vérité ne disparaît pas avec le temps”.

La convocation du joueur devant la commission disciplinaire s’annonce ainsi comme un moment clé, non seulement pour son avenir sportif, mais aussi pour la manière dont les institutions sportives encadrent la parole des athlètes dans le pays.

R.I

Auteur

S. R

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