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« 100 Violons » au Ribat de Sousse : Quand le rêve de Zied Zouari résonne pour tous

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  • 20 juin 2026
  • 3 min de lecture
« 100 Violons » au Ribat de Sousse : Quand le rêve de Zied Zouari résonne pour tous

Un appel à candidatures est lancé et un jury composé de spécialistes procède à la sélection. L’enthousiasme dépasse toutes les attentes : cent vingt-huit musiciens, auxquels s’ajoutent altistes, violoncellistes et contrebassistes, rejoignent finalement l’aventure.

La Presse —Imaginez cent vingt-huit archets s’élevant à l’unisson au cœur du Ribat de Sousse, imposante forteresse aghlabide dont l’histoire remonte au VIII siècle après J.-C. Sous les voûtes de ce monument plusieurs fois séculaire, cent vingt-huit musiciens, venus des quatre coins du pays et appartenant à différentes générations, feront vibrer l’un des plus emblématiques témoins du patrimoine tunisien.

C’est cette image que le violoniste et compositeur Zied Zouari donne à voir avec «100 Violons», un projet pédagogique et artistique qui connaîtra un moment fort, lors d’un premier spectacle, le 22 juin prochain à 20h00, dans l’enceinte du Ribat de Sousse.

«Un héritage immense, dont nous espérons être dignes », écrit le musicien en annonçant ce rendez-vous ouvert gratuitement au public.

Avant que ce rêve ne se concrétise, dans une volonté de démocratiser son instrument de prédilection, l’artiste avait lancé en 2022 «Violons pour tous», un programme destiné aux enfants de 4 à 11 ans dans les écoles publiques de Djerba.

L’initiative vise à développer les capacités d’apprentissage, à lutter contre le décrochage scolaire et à offrir aux enfants issus de milieux modestes un accès à une formation musicale de qualité.

En 2024, Zied Zouari franchit une nouvelle étape. Une première expérience réunit vingt-cinq violonistes de différentes régions du pays dans le cadre d’une approche didactique.

Puis vient le Festival du violon de Sfax, où plus de quarante jeunes instrumentistes sont sélectionnés pour participer au concert d’ouverture. Mais le musicien refuse de s’arrêter là.

«Je voulais aller plus loin dans l’inclusion et la créativité », explique-t-il. De cette ambition naît «100 Violons». Un appel à candidatures est lancé et un jury composé de spécialistes procède à la sélection.

L’enthousiasme dépasse toutes les attentes : cent vingt-huit musiciens, auxquels s’ajoutent altistes, violoncellistes et contrebassistes, rejoignent finalement l’aventure.

Plus qu’une performance musicale, «100 Violons » porte une vision. Pour Zied Zouari, le violon ne doit pas rester le privilège de quelques-uns, il doit devenir un langage accessible à tous, un espace d’éveil, de discipline et d’émancipation.

Dans les répétitions, les jeunes musiciens apprennent autant à écouter l’autre qu’à maîtriser leur instrument. Plus qu’un apprentissage technique, l’expérience devient une école de patience, de confiance en soi et de création collective.

Docteur en musicologie, professeur et figure majeure du violon arabe contemporain, Zied Zouari défend depuis plusieurs années une musique ouverte, nourrie des traditions mais tournée vers la transmission et la rencontre.

Avec «100 Violons», il affirme une autre conception de la culture, qui ne se limite pas aux grandes institutions mais se construit au plus près des territoires et des générations.

Car derrière ces cent vingt-huit archets, il y a surtout cent vingt-huit histoires et la conviction qu’un projet artistique peut se transformer, à sa manière, en véritable projet de société.

Le 22 juin, parmi les pierres séculaires du Ribat de Sousse, ce ne sont donc pas seulement des instruments qui résonneront. C’est toute une idée du vivre-ensemble qui prendra corps, portée par la musique et par le pari de la transmission.

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Auteur

Meysem MARROUKI

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