Que se passe-t-il sur le marché de l’huile d’olive en Espagne et pourquoi la Tunisie est-elle citée ?
Le marché espagnol de l’huile d’olive connaît une phase de baisse des prix en sortie de production, dans un contexte marqué par un recul de la production nationale et une augmentation des coûts agricoles. Cette évolution relance le débat sur les mécanismes de formation des prix et sur le rôle des importations, notamment en provenance de Tunisie, dans l’équilibre du marché européen.
Selon les données du système Poolred de l’AICA, le prix de l’huile d’olive vierge extra a reculé d’environ 6,9 % sur quatre semaines, pour s’établir autour de 4,04 €/kg fin mai 2026. Cette baisse intervient alors que les estimations de production espagnole pour la campagne 2025/2026 indiquent un léger recul, tandis que les coûts de production restent élevés en raison de la hausse des intrants agricoles et de l’énergie.
Dans ce contexte, l’organisation agricole espagnole COAG estime que les fondamentaux du marché, notamment la baisse de la production et l’augmentation des coûts, ne permettent pas d’expliquer à eux seuls la diminution des prix observée. Elle souligne par ailleurs la structure du marché, caractérisée par un nombre limité de grands opérateurs industriels et un grand nombre de producteurs.
COAG décrit ainsi un marché présentant des caractéristiques d’oligopsone, dans lequel les décisions d’achat des principaux acheteurs peuvent influencer les prix en amont. L’organisation évoque également des ajustements de stratégie commerciale, incluant la gestion des stocks et le recours aux importations pour compléter l’approvisionnement.
Le rôle des importations, dont l’huile d’olive tunisienne
Les importations d’huile d’olive constituent un élément du fonctionnement du marché européen. Dans ce cadre, l’huile d’olive tunisienne est citée parmi les sources d’approvisionnement disponibles pour les opérateurs industriels, dans le cadre du contingent préférentiel prévu par les accords entre l’Union européenne et la Tunisie.
La Tunisie, qui dispose d’une production importante lors des bonnes campagnes agricoles, participe ainsi aux flux commerciaux vers le marché européen. Ces échanges s’inscrivent dans les mécanismes habituels du commerce international de l’huile d’olive et dans les règles douanières en vigueur au sein de l’Union européenne.
Au-delà de la question des importations, le débat porte également sur l’organisation de la filière oléicole et la répartition de la valeur entre producteurs et industriels. Les organisations agricoles alertent sur la pression exercée sur les prix en amont et sur les conséquences potentielles pour la rentabilité des exploitations, notamment dans les zones de production traditionnelle.
Selon ces acteurs, la combinaison entre évolution des stocks, dynamique de la demande et organisation de la distribution contribue à la volatilité des prix observée ces dernières semaines.
Dans ce contexte, la Tunisie apparaît comme un acteur intégré au marché mondial de l’huile d’olive, dont les flux commerciaux participent, parmi d’autres facteurs, aux équilibres économiques du secteur européen.
R.I



