L’Olympique du Kef de retour en Ligue 2 : La recette d’une spectaculaire remontée
Après huit ans de purgatoire en Ligue 3, les « Rouge et Noir » de Bou Makhlouf sont bien déterminés à faire de leur accession en Ligue 2 un tremplin solide pour renouer avec les années de gloire.
La Presse — Huit ans de disette, à patau- ger dans les sables mouvants du football amateur sans pouvoir s’en sortir, ça n’a pas été facile à vivre pour les fans de l’Olympique du Kef après tous les beaux souvenirs d’une longue époque dorée dans le football professionnel. On avait cru que la rétrogradation en Ligue 3 n’était qu’un accident de parcours qui serait vite surmonté, mais la plaie de cette descente aux enfers a été plus profonde qu’on ne l’avait imaginé. Elle avait mis du temps, beaucoup de temps pour se cicatriser. Quand on s’habitue longtemps au football professionnel et qu’on a la malchance de dégringoler à l’étage inférieur, trouver la porte de sau- vetage s’est avéré une tâche ardue, voire une mission impossible. Le COT, relégué à la vitesse grand V en football régional, est le plus douloureux des exemples de ces grands clubs au passé glorieux qui n’ont pas pu arrêter le cours de la déchéance et se remettre debout immédiatement. Heureusement pour l’OK, la saison 2025/ 2026 a été celle du grand coup de rein pour échapper à ce tragique destin.
Mokhtar Ben Thlijane et Slahedine Beddhiaf : le duo gagnant
Cette fin d’une longue traversée du désert de l’OK n’a pas été le fruit du hasard. Elle a été la récompense de l’émergence dans la douleur d’un bureau directeur élu en l’été 2025. Ce comité d’urgence a été habité par un unique souci et s’est réuni autour d’un seul projet : mettre tous les atouts, toutes les ressources financières et tous les ingré- dients nécessaires pour la réussite. Avec comme première étape : la remontée en Ligue 2. Un challenge sur lequel tous les comités provisoires, installés auparavant se sont cassé les dents, faute de plan de sauvetage bien élaboré et de budget digne d’un tel projet. Il fallait du sang neuf dans la direction du club et un mixage réussi entre l’expérience d’hommes du passé qui ont fait leurs preuves et l’ambition d’une nouvelle génération prête à assumer le lourd fardeau. Le « couple » parfait, Mokhtar Ben Thlijane (président) et Slaheddine Beddhiaf (1er vice-président), a été la locomotive qui a remis le train de l’Olympique du Kef sur les rails. Les autres membres du nou- veau groupe de travail restreint (Yassine Rahali, Amor et Mohamed Ali Cherni, Amor Chibouni, Mohamed Hédi Mejri et Oussama Sahnoun) ont bien retroussé les manches pour être les soldats de l’ombre de l’opération accession. Le public des Rouge et Noir, séduit par le projet d’un comité à deux têtes qui a incarné cette volonté de renouveau, s’est investi à fond pour concourir à rallumer la flamme éteinte durant huit années. Le stade de la cité olympique de la belle région de Boulifa, rénové, a été le théâtre et le témoin de ce début de retour aux années bonheur.
Un staff produit local
Le fait d’avoir fait entière confiance à des techniciens issus du centre de for- mation du club, qui connaissent mieux que quiconque l’état des lieux, a été aussi un choix judicieux. Les Makram Amri (entraîneur principal), Mohamed Amine Semàali ( adjoint), Okba Selmi et Fadi Amara ( préparateurs physiques sortis du l’Institut supérieur du sport et de l’éducation physique du Kef ), Adem Lâabidi ( entraîneur des gardiens de but) et Mohamed Ali Oubiri, chef du staff médical, ont contribué par leur profes- sionnalisme et leur dévouement aux couleurs Rouge et Noir à construire un groupe de joueurs solidaires et complé- mentaires sur le terrain dont le principal point fort était le collectif. Les piliers de ce groupe qui a réussi la mission acces- sion n’ont pas l’étoffe d’un chef d’équipe hors pair comme Kamel Ben Brahim ou du virtuose Mourad Chebbi, symboles d’une génération révolue de joueurs d’exception. C’est le bloc équipe qui a pris le relais, basé sur un puzzle parfait entre pépites du club et joueurs recrutés comme renforts de poids dans certains postes défaillants, à l’image du gardien de but Rabii Chouchen qui a été un élé- ment-clé de la remontée.
Le bon état d’esprit qui a animé ce groupe, la belle ambiance de travail, les primes de résultats sous la douche ont fait le reste. Le dernier récital des Rabii Chouchen, Ahmed Rahali, Hazem Tounsi, Tarek Châabouni, Nassim Ben Soltana, Alâa Eddine Rahmouni, Alâa Eddine El Fahem, Nabil Krir, Chedi Al Amri et Achraf Argoubi dans le match de clôture de la saison contre Tala Sport ( victoire par 4 buts à 0 ) a bien illustré la supériorité manifeste sur plus d’un concurrent direct pour l’accession.
La saison, dominée de bout en bout, a été bouclée haut la main avec 54 points. Mais refaire surface, après tant d’années la tête sous l’eau, n’est que la moitié du chemin parcouru pour redonner à l’Olympique du Kef sa place et son statut de fleuron du football dans le nord-ouest du pays. Un vaste chantier et un travail de titans attendent cet été la nouvelle équipe dirigeante qui a été le principal élément déclencheur de ce renouveau d’un Olympique du Kef dont c’est le 104e anniversaire.



