Moins d’accidents mortels au moyen de la prévention tous azimuts (ceinture de sécurité à l’avant, vitesse maximale respectée et une vigilance accrue) sont désormais attendus. Avec l’arrivée des vacanciers sur les routes tunsiennes et le retour des TRE, il est indispensable d’enrayer la dynamique mortelle des accidents de la route en Tunisie.
La Presse — Du 1er janvier à la mi-juin 2026, la Tunisie continue de payer un lourd tribut à l’insécurité routière. Si le nombre global d’accidents et de blessés affiche une tendance à la baisse par rapport aux années précédentes, la mortalité routière demeure préoccupante, voire en hausse. Les statistiques publiées par l’Observatoire national de la sécurité routière (Onsr) mettent en lumière un paradoxe inquiétant : des accidents moins nombreux, mais souvent plus graves et plus meurtriers.
Une mortalité routière en hausse malgré la baisse des accidents
Les données de l’Onsr relevées au cours des cinq premiers mois de 2026 montrent que 1.777 accidents ont été enregistrés contre 2.264 à la même période de 2025, soit une baisse de 21,5 %. Le nombre de blessés a également reculé, passant de 2.912 à 2.284 blessés. En revanche, le nombre de décès a fortement progressé, atteignant 487 morts contre 425 un an auparavant, soit une hausse de 14,6 %.
Quelques jours auparavant, les statistiques arrêtées au 20 mai 2026 faisaient déjà état de 1.702 accidents et 2.194 blessés, tandis que le nombre de morts augmentait de 11 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette évolution confirme une tendance observée depuis le début de l’année: les collisions sont moins fréquentes mais beaucoup plus violentes. Ainsi, au 18 mars 2026, l’Onsr avait recensé 826 accidents contre 1.189 durant la même période de 2025, alors que le nombre de décès demeurait quasiment identique avec 232 morts contre 233 l’année précédente. Au 16 juin 2026, 572 victimes ont été recensées contre 509 sur la même période en 2025, soit 63 morts spplémentaires au taux évolutif de 12,38%. Tandis que le nombre d’accidents de la route et les blessés ont diminué de plus de 20%. Un paradoxe qui doit être élucidé par les experts en matière de sécurité routière, pour remédier aussi à la mortalité routière.
Comparaison avec les années précédentes
L’analyse des statistiques montre une amélioration progressive du nombre d’accidents enregistrés depuis plusieurs années grâce au renforcement des campagnes de sensibilisation et aux contrôles routiers. Toutefois, cette amélioration quantitative ne s’est pas traduite par une baisse significative de la mortalité.
En 2026, la gravité des accidents s’est accentuée, comme en témoignent les nombreux drames enregistrés sur les routes nationales et régionales. L’Onsr souligne qu’en moyenne, entre deux et quatre personnes perdent la vie chaque jour sur les routes tunisiennes.
Certaines régions affichent des indicateurs particulièrement préoccupants. À Kairouan, par exemple, 87 accidents ont provoqué 51 décès entre janvier et fin mai 2026, contre 23 morts durant la même période en 2025.
La vitesse, l’ennemi numéro un
Les statistiques de l’Onsr confirment que l’excès de vitesse demeure la principale cause des accidents mortels en Tunisie.
Si l’inattention et le manque de vigilance représentent la première cause d’accidents en général avec près de 29 % des cas, la vitesse est responsable de près de 40% des accidents mortels recensés depuis le début de l’année et de près d’un quart des accidents ayant causé des blessés.
Les responsables de la sécurité routière soulignent que les conducteurs âgés de 19 à 29 ans figurent parmi les catégories les plus exposées, représentant à eux seuls près de la moitié des accidents enregistrés.
La distraction au volant, un fléau grandissant
L’inattention et la distraction constituent désormais la première source d’accidents sur les routes tunisiennes. Téléphones portables, manque de concentration, fatigue ou encore somnolence au volant figurent parmi les facteurs les plus fréquemment relevés par les services de l’Onsr.
Selon les statistiques publiées en mars 2026, la distraction était impliquée dans plus de 25 % des accidents enregistrés, devant même la vitesse.
L’alcool au volant, une menace difficile à mesurer
Contrairement à la vitesse et à la distraction, les statistiques détaillées publiées récemment par l’Onsr ne placent pas l’alcoolémie parmi les principales causes recensées des accidents de la route en 2026. Les rapports disponibles mettent davantage l’accent sur l’excès de vitesse, l’inattention, la fatigue et la somnolence.
Néanmoins, les spécialistes de la sécurité routière rappellent que la conduite sous l’emprise de l’alcool demeure un facteur aggravant important lorsqu’elle est constatée, en raison de ses effets directs sur les réflexes, la perception des distances et le temps de réaction des conducteurs.
Un défi majeur pour les autorités
À la mi-juin 2026, le constat reste préoccupant : malgré la baisse du nombre d’accidents et de blessés, la Tunisie enregistre une hausse sensible du nombre de morts sur ses routes. Les chiffres démontrent que la lutte contre l’excès de vitesse, la distraction au volant et les comportements dangereux doit rester une priorité nationale.
Pour l’Onsr, l’enjeu n’est plus seulement de réduire le nombre d’accidents, mais surtout d’en diminuer la gravité afin de sauver davantage de vies humaines. Les campagnes de sensibilisation, le renforcement des contrôles et une meilleure éducation routière apparaissent plus que jamais indispensables pour inverser cette tendance alarmante.



