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Société

Secteur pharmaceutique : Les pharmacies privées dénoncent le retard de la digitalisation du système

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  • 24 juin 2026
  • 3 min de lecture
Secteur pharmaceutique : Les pharmacies privées dénoncent le retard de la digitalisation du système

Le bureau national du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées a exprimé, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion consacrée à plusieurs dossiers du secteur, son vif mécontentement face au retrait de la Pharmacie centrale de Tunisie de l’accord conclu concernant le projet de numérisation des échanges avec les pharmaciens. Ce projet vise à renforcer la transparence dans la distribution des médicaments à travers les différentes régions du pays.

Le syndicat rappelle que ce chantier de digitalisation aurait atteint un taux d’avancement de 80 %, et qu’il avait été lancé en 2024 sous l’égide du ministre de la Santé. Il s’agit, selon la même source, d’un engagement formalisé par une note signée entre les deux parties, considérée comme un engagement moral contraignant.

Le bureau national dit avoir été surpris par ce retrait intervenu sans notification préalable ni explication officielle, estimant qu’il s’agit d’une décision incompréhensible qui porte atteinte au processus de modernisation et de transparence du secteur, et qui soulève des interrogations sur le respect des engagements pris.

Par ailleurs, le syndicat a indiqué avoir décidé de renvoyer la prise de position concernant la crise persistante avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) à une instance nationale prévue ce mercredi. Il a également évoqué des « manquements » de la CNAM à ses engagements issus de la réunion de Carthage tenue sous l’égide de la Présidence de la République, estimant que cette situation accentue les tensions dans le secteur.

Le bureau national a également annoncé l’envoi d’une correspondance au ministre de la Santé afin de trouver une solution définitive aux problèmes liés à certaines municipalités, en raison de circulaires jugées non conformes à la loi. Ces textes auraient entraîné des contradictions entre les décisions des différents ministères concernés.

Le syndicat a en outre soulevé la question des redevances municipales jugées illégales et discriminatoires imposées à certaines pharmacies, ainsi que des circulaires contraires à la réglementation en vigueur. Il estime que ces pratiques nuisent au caractère de service public du secteur pharmaceutique et perturbent la cohérence des décisions administratives entre structures et ministères.

Il convient de rappeler que le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées avait annoncé en septembre 2025 la suspension du système du tiers payant pour les maladies ordinaires avec la CNAM, tout en maintenant la dispensation des médicaments pour les maladies chroniques et lourdes. Cette décision intervenait en signe de protestation contre la situation financière du secteur.

En janvier 2026, à la suite d’une série de réunions tenues sous l’égide de la Présidence de la République, un accord avait été signé prévoyant la garantie du paiement des pharmaciens dans des délais fixés, le maintien du système du tiers payant pour les assurés sociaux, ainsi que la mise en place d’un cadre juridique et financier assurant la continuité de la relation contractuelle entre la CNAM et les pharmacies et évitant toute perturbation dans l’approvisionnement en médicaments.

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Auteur

La Presse

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