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Festivals : quand les fans deviennent la cible du cyberharcèlement

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  • 10 août 2026
  • 4 min de lecture
Festivals : quand les fans deviennent la cible du cyberharcèlement

L’été est, par excellence, la saison des festivals en Tunisie. Chaque année, les grandes manifestations culturelles du pays accueillent des artistes venus de différents horizons, notamment du monde arabe, contribuant ainsi au rayonnement international de la scène culturelle tunisienne. Mais ces rendez-vous sont également devenus le théâtre de polémiques alimentées en grande partie par les réseaux sociaux. La prestation d’un artiste étranger peut ainsi susciter un véritable florilège de compliments, mais aussi déclencher une vague de critiques, portant aussi bien sur la qualité du spectacle que sur le coût de sa programmation, certains internautes dénonçant ce qu’ils considèrent comme une utilisation excessive des deniers publics.

Pourtant, la réputation dont jouissent les festivals tunisiens à l’étranger, à l’image du Festival International de Carthage, repose précisément sur leur capacité à attirer des artistes de renommée internationale; leur présence constituant depuis des décennies l’une des composantes majeures de l’attractivité de ces manifestations.

Lynchage numérique

Or, aujourd’hui, ces critiques ne visent plus uniquement les artistes. Elles s’étendent également à leur public. Récemment, la venue en Tunisie d’une jeune star montante de la scène musicale arabe a suscité une vive polémique après la diffusion de vidéos et de photographies montrant certaines de ses jeunes admiratrices manifestant leur enthousiasme de manière jugée « excessive » par des internautes. Parmi les jeunes fans figuraient des adolescentes dont les photographies ont été diffusées sur les réseaux sociaux sans leur consentement et, dans certains cas, sans même que leur visage soit flouté. Les critiques ont rapidement pris une tournure virulente, certains allant jusqu’à estimer que ces comportements portaient atteinte à l’image et à la dignité de la femme tunisienne. Un précédent similaire avait déjà été observé l’année dernière après la diffusion de la photographie d’une petite fille en pleurs lors d’un festival. L’image, publiée sans être floutée, avait circulé sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays arabes et suscité de nombreux commentaires très hostiles, alors même qu’il s’agissait d’une enfant.

Si chacun est libre de désapprouver un comportement ou d’exprimer son opinion sur la base de ses propres convictions et principes, cela ne saurait justifier les insultes, l’humiliation et l’atteinte à la dignité dont font l’objet l’artiste et ses fans qui en sont la cible. La situation devient d’autant plus préoccupante lorsque les personnes visées sont mineures.

Les comportements parfois démonstratifs des fans ne constituent pourtant pas un phénomène nouveau. La Tunisie en a déjà été témoin, notamment lors du passage de Michael Jackson. Ces faits illustrent, aujourd’hui, les dérives d’un espace numérique qui permet à n’importe quel contenu, extrait, parfois de son cadre, de devenir viral en quelques heures et de faire l’objet d’un déferlement de commentaires vindicatifs et d’insultes, échappant totalement au contrôle de la personne concernée.

Une réflexion nécessaire sur la protection des mineurs

A l’ère du numérique, les applications comme facebook, instagram…. sont devenues, ainsi, une véritable menace pour les enfants et les jeunes en dessous de 18 ans car ils peuvent facilement devenir la cible d’un lynchage numérique sur les réseaux sociaux, ce qui peut avoir un impact destructeur sur leur santé mentale alors qu’ils n’ont fait qu’exprimer à leur manière leur estime pour un artiste pour lequel ou pour laquelle ils vouent une adoration sans bornes, ce qui est loin d’être un crime. Il serait temps comme l’a affirmé le Dr Moez Cherif Président de l’Association Tunisienne de Défense des Droits de l’Enfant de réformer le code de protection de l’enfance et d’introduire des sanctions qui pénalisent les comportements malveillants à l’encontre des mineurs sur les réseaux sociaux.

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Auteur

Imen Haouari

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