Après six ans d’absence, le Tabarka Jazz Festival renaît pour sa 20e édition
Du 2 au 9 juillet 2026, Tabarka retrouvera les sonorités du jazz qui ont forgé sa réputation internationale. Après six années d’interruption, le Festival international de jazz de Tabarka signe son grand retour avec une 20e édition ambitieuse, portée par une programmation internationale et une volonté affirmée de redynamiser la destination culturelle et touristique du Nord-Ouest tunisien.
L’annonce a été faite mardi à la Cité de la culture de Tunis lors d’une conférence de presse réunissant notamment le délégué régional des Affaires culturelles de Jendouba, Walid Messaoudi, le directeur général de l’Office national du tourisme tunisien, Mohamed Mehdi Haloui, ainsi que les différents partenaires institutionnels de l’événement.
Fondé en 1973, le Festival international de jazz de Tabarka est l’un des rendez-vous musicaux les plus emblématiques de Tunisie. Pour cette édition du renouveau, la direction artistique a été confiée à Mourad Mathari, figure historique du festival qui avait déjà contribué à sa relance en 1997.

Organisé avec le concours de la Direction de la musique et de la danse, du Théâtre de l’Opéra de Tunis, de l’Organisme tunisien des droits d’auteur et des droits voisins (Otdav) et de l’Établissement national pour la promotion des festivals, le festival s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation culturelle et touristique du gouvernorat de Jendouba.
Dans cette perspective, l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle a aménagé et mis en lumière un nouveau circuit touristique reliant le front de mer au fort de Tabarka, dans le cadre d’une collaboration avec les ministères du Tourisme et de l’Environnement.
La programmation artistique se déploiera sur deux volets complémentaires : les grands concerts du Théâtre de la Mer et les performances gratuites du programme «Street Jazz», destinées à rapprocher la musique du grand public.
Chaque soir à 22h00, le Théâtre de la Mer accueillera des figures majeures de la scène jazz internationale. Le pianiste cubain Alfredo Rodríguez ouvrira la série des concerts le 3 juillet, suivi de la grande voix du gospel-jazz américain Liz McComb. Le public découvrira ensuite «Osool», une création réunissant le saxophoniste tuniso-américain Yacine Boulares et le chanteur algérien Soufiane Saidi, avant de retrouver le pianiste libanais Tarek Yamani.

L’un des moments forts de cette édition sera sans doute la venue de la légendaire chanteuse américaine Dee Dee Bridgewater qui présentera son projet « We Exist ». Le Cubain Raoul Paz prendra ensuite le relais dans une soirée placée sous le signe des rythmes afro-caribéens. Le festival se clôturera avec un plateau exceptionnel réunissant deux voix engagées de la scène américaine contemporaine : Veronica Swift et Akua Naru. En parallèle, le programme « Street Jazz » investira chaque soir les espaces publics de Tabarka à partir de 19h30.
L’ouverture sera assurée par le musicien algérien Djamel Laroussi, suivi du groupe portugais Mão Cabeça et de la formation serbe Innēr Sense. La scène tunisienne y occupera également une place de choix avec le projet «Jazzna» de Mohamed Ali Kammoun, «Taqasim Revival» de Fawzi Chekili, l’Octun Quartet dirigé par Omar El Ouaer, le Jazztet d’Ahmed Ajabi ainsi que le groupe Siroko d’Aziz Zouaoui qui clôturera ce parcours musical urbain. Au-delà de la programmation artistique, les organisateurs ont annoncé la mise en place de navettes quotidiennes reliant la Cité de la culture à Tabarka afin de faciliter le déplacement du public et des journalistes.
Entre patrimoine, tourisme et création musicale, cette 20e édition se présente comme celle de la renaissance pour un festival qui a longtemps contribué au rayonnement international de Tabarka. Six ans après son silence, le jazz retrouve enfin son port d’attache méditerranéen.
S.R



