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Société

Issam Chouchane : « Les emprunts ne suffiront pas à sauver la STEG… Sa restructuration nécessite 12 milliards de dinars »

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  • 29 juin 2026
  • 3 min de lecture
Issam Chouchane : « Les emprunts ne suffiront pas à sauver la STEG… Sa restructuration nécessite 12 milliards de dinars »

Le député et membre de la commission des finances de l’ARP, Issam Chouchane, a annoncé ce lundi 29 juin 2026 que la commission a validé deux accords de garantie de prêt au profit de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG). D’une valeur globale de près de 430 millions de dollars (soit environ 1,4 milliard de dinars), ces financements restent toutefois soumis à l’approbation finale de la séance plénière du Parlement.

Intervenant à la radio, le député a précisé que ces deux emprunts sont destinés à financer le programme de restructuration de la compagnie pétrolière et gazière publique. Il a néanmoins révélé que les débats au sein de la commission des finances ont été longs et marqués par des divergences de points de vue, au vu de la situation financière critique dans laquelle est embourbée l’entreprise depuis plusieurs années.

Selon Issam Chouchane, la STEG souffre d’un déficit financier abyssal. Une restructuration globale et efficace nécessiterait une enveloppe minimale de 12 milliards de dinars. Issam Chouchane a également tiré la sonnette d’alarme sur le volume des créances impayées de la société auprès de ses clients — qu’il s’agisse de particuliers, d’entreprises privées ou d’institutions publiques —, qui dépasse désormais les 6 milliards de dinars, aggravant considérablement la crise. Face à ce constat, les membres de la commission ont soulevé de nombreuses interrogations quant à la pertinence de recourir systématiquement à l’endettement sans s’attaquer aux causes structurelles du problème. Le député a rappelé que le Parlement avait déjà approuvé plusieurs prêts en faveur de la STEG ces dernières années, dont cinq liés au projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie (Elmed), s’étonnant au passage du taux d’avancement particulièrement faible de ce projet.

Pour le parlementaire, le problème ne réside pas dans les prêts eux-mêmes, d’autant qu’ils sont accordés à des conditions concessionnelles avantageuses, mais plutôt dans l’absence de bonne gouvernance et les défaillances de gestion interne. Il a notamment pointé du doigt la persistance du phénomène de vol d’électricité qui, loin d’être marginal, concerne aujourd’hui des quartiers entiers.

Le député a déploré le déclin de la STEG qui, par le passé, était une entreprise bénéficiaire renflouant les caisses de l’État, alors qu’elle dépend aujourd’hui de milliards de dinars de crédits pour assurer la simple continuité de ses activités.

En conclusion, il a martelé que le sauvetage des entreprises publiques ne pourrait se faire par de simples perfusions financières. Il exige des réformes de fond basées sur la bonne gouvernance, la rationalisation des dépenses et un audit réel des situations financières. Continuer à emprunter sans réformer ne fera que reproduire indéfiniment la même crise, a-t-il averti. Enfin, il a relayé les insatisfactions légitimes des citoyens concernant la qualité des services, évoquant des délais de raccordement au réseau électrique et de gaz pouvant s’étendre sur plusieurs mois en raison d’une pénurie de matériel, et ce, malgré les financements continus injectés par l’État.

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Auteur

La Presse

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