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Société

L’Ordre des pharmaciens créé une cellule de crise face au risque de rupture avec la CNAM

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  • 30 juin 2026
  • 3 min de lecture
L’Ordre des pharmaciens créé une cellule de crise face au risque de rupture avec la CNAM

À quelques heures de l’échéance du 1er juillet, les pharmaciens, grossistes-répartiteurs et biologistes menacent de suspendre le tiers payant. Ils dénoncent des retards de paiement de la part de la CNAM, ce qui asphyxie la filière et met en péril l’accès aux soins.

Le point de rupture est désormais fixé à ce mercredi 1er juillet 2026 ! Le secteur des médicaments risque de basculer, encore une fois, dans une zone de fortes turbulences. Face à l’imminence d’un blocage généralisé, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a officialisé la création d’une cellule de crise permanente. Cette structure de vigilance aura pour mission de gérer le dossier brûlant des impayés de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et de coordonner les mesures de rétorsion nécessaires. Les professionnels du secteur dénoncent une asphyxie financière sans précédent, ce qui menace directement la pérennité des différentes structures de santé.

L’Ordre des pharmaciens met en garde contre un tournant dangereux pour la sécurité sanitaire et pharmaceutique des citoyens. Cette décision fait écho aux motions de l’Instance nationale du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, qui a menacé de suspendre définitivement le mécanisme du tiers payant avec la CNAM si aucun engagement financier ferme n’est pris par l’État. Devant l’urgence, le président de l’Ordre, Mustapha Laroussi, a réuni un front commun associant les syndicats des pharmaciens d’officine, les biologistes privés ainsi que la Chambre nationale des distributeurs de médicaments en gros pour une séance urgente de travail.

Risque d’effondrement de la chaîne d’approvisionnement 

Lors de cette séance, les opérateurs ont fermement condamné le non-respect chronique des calendriers légaux de remboursement par les services de la CNAM. Selon les professionnels, ces retards de paiement répétés ont fini par contaminer les grossistes-répartiteurs, qui se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité financière d’honorer leurs engagements envers les laboratoires et notamment, l’approvisionnement des officines. Ce blocage logistique fait peser un risque immédiat d’effondrement sur l’ensemble de la chaîne thérapeutique nationale, privant de facto les patients tunisiens de leur droit constitutionnel d’accès aux traitements et aux examens biologiques.

Face à ce scénario que les professionnels qualifient de « paralysie généralisée », le collectif interprofessionnel a lancé un appel de détresse solennel au ministère de la Santé et au gouvernement. Les syndicats exigent une intervention étatique immédiate et un déblocage de fonds d’urgence pour restaurer les équilibres financiers du secteur et sauvegarder le service public de santé avant le déclenchement des suspensions de services prévues dès demain.

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Auteur

Abir Chemli

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