L’Institut culturel italien de Tunis, en partenariat avec l’ambassade d’Italie et l’Association culturelle Mo’Better Football APS, a inauguré le 23 juin, à la Maison des Arts du Belvédère (Dar El Founoun), l’exposition « Histoires de football entre l’Italie et la Tunisie ». On y propose une immersion dans l’univers du ballon rond à travers une approche culturelle, historique et visuelle au-delà du seul cadre sportif.

La Presse — À l’occasion de la vingt-troisième Coupe du monde de football en cours, l’exposition invite à redécouvrir l’un des objets les plus emblématiques de la culture populaire sportive : la vignette. À travers albums, images d’archives, documents rares et illustrations originales, le parcours retrace l’évolution de la représentation du football et met en lumière les liens tissés au fil des décennies entre l’Italie et la Tunisie autour de cette passion commune.
Au cœur de l’exposition figure la célèbre collection « Calciatori Panini », dont les 65 ans d’existence constituent l’un des fils conducteurs du projet. Véritable phénomène éditorial international, Panini raconte autant l’histoire du football que celle de la culture visuelle populaire. Des premières vignettes publiées au début des années 1960 aux productions contemporaines, l’exposition révèle comment ces petits rectangles de papier ont accompagné les évolutions du graphisme, de l’imprimerie et des pratiques de collection à travers plusieurs générations.
Le parcours se déploie comme une traversée de la mémoire collective du football. Une frise chronologique composée des couvertures des albums Panini consacrés aux Coupes du monde permet de revisiter les grands moments de la compétition, tandis qu’une sélection de vignettes met à l’honneur les joueurs qui ont marqué l’histoire du tournoi. Une autre section est consacrée à la mémoire visuelle de la Série A, à travers ses maillots, ses couleurs et ses figures emblématiques qui ont façonné l’imaginaire footballistique de millions de supporters.
L’exposition accorde également une place particulière à notre football national. Une galerie consacrée aux différentes participations de la sélection nationale à la Coupe du monde dialogue avec des documents issus de l’album « Football 1998-99 », consacré au championnat tunisien. Ce regard croisé permet de souligner les circulations culturelles qui ont rapproché les deux rives de la Méditerranée à travers le sport.
L’un des aspects les plus intéressants de l’exposition réside dans l’évocation du rôle joué par la télévision italienne dans la construction d’un imaginaire partagé entre la Tunisie et l’Italie. Des années 1970 aux années 1990, les retransmissions sportives, les émissions spécialisées et les grandes soirées de football ont contribué à diffuser des références communes, façonnant durablement les habitudes culturelles de plusieurs générations de Tunisiens.
Le vernissage a été marqué par une rencontre réunissant le commissaire de l’exposition, Marco Ferrero, le collectionneur Gianni Bellini, les journalistes Mohamed Menzli et Mourad Ayari ainsi que Valfrido Aghilone de l’Institut culturel italien de Tunis.
Les échanges ont porté sur la préservation des archives audiovisuelles, le rôle des médias dans la construction des identités sportives et les transformations contemporaines de la culture footballistique.
Au-delà de son côté spectaculaire ou compétitif, le football est présenté dans cette exposition comme un vecteur de mémoire et un terrain privilégié de dialogue culturel. Les images, les récits et les objets qui y figurent témoignent de la manière dont une passion populaire a contribué à construire des ponts durables entre les sociétés tunisienne et italienne.
Visible jusqu’au 23 juillet, « Histoires de football entre l’Italie et la Tunisie » offre ainsi un voyage sensible dans les souvenirs de générations de supporters, tout en interrogeant la place du football dans la fabrique des imaginaires contemporains.
Voilà de quoi nous réconcilier un peu avec le ballon rond et nous faire oublier un tant soit peu l’élimination et la prestation catastrophique de l’équipe nationale dans cette Coupe du monde, en replongeant dans les grandes heures du football, dans les images qui ont nourri l’imaginaire de plusieurs générations et dans la mémoire partagée des exploits passés.



