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Afrique : 42 monnaies, 5 milliards de dollars perdus chaque année selon Afreximbank

  • 30 juin 2026
  • 3 min de lecture
Afrique : 42 monnaies, 5 milliards de dollars perdus chaque année selon Afreximbank

Le président de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), George Elombi, a appelé à une accélération concrète de l’intégration économique et commerciale du continent africain, estimant que les déclarations d’intention ne suffisent plus face aux défis structurels persistants.

Intervenant lors du Tunisian Investment Forum 2026 (TIF 2026), à Tunis, il a mis en avant la fragmentation monétaire du continent, qui compte encore 42 monnaies différentes. Cette situation, a-t-il expliqué, oblige les opérateurs économiques à recourir à des devises tierces pour les échanges intra-africains, entraînant des coûts supplémentaires estimés à environ 5 milliards de dollars par an en perte de compétitivité.

Selon le responsable de l’institution financière panafricaine, cette réalité constitue un frein majeur à la fluidité du commerce entre pays africains et limite le potentiel de croissance du marché continental.

Pour y remédier, George Elombi a insisté sur l’importance du système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), développé conjointement par Afreximbank et l’Union africaine. Ce mécanisme permet d’effectuer des transactions en monnaies locales entre opérateurs de différents pays africains, réduisant ainsi la dépendance aux devises étrangères et facilitant les échanges, notamment pour les petites et moyennes entreprises ainsi que les acteurs informels.

Illustrant les bénéfices de ce dispositif, il a déclaré qu’un agriculteur kényan peut désormais commercer directement avec un opérateur sénégalais en utilisant sa propre monnaie nationale, un exemple qu’il considère comme une avancée significative vers une intégration économique plus efficace du continent.

Le président d’Afreximbank a également annoncé la mise en place d’un fonds d’ajustement d’environ un milliard de dollars, destiné à soutenir le secteur privé africain et à renforcer les capacités d’exportation. Les gouvernements pourront également y accéder. L’objectif de ce mécanisme est de servir de levier pour attirer davantage de capitaux internationaux vers les marchés financiers africains.

Par ailleurs, George Elombi a souligné la nécessité d’accélérer la numérisation des échanges commerciaux et de développer des modèles de « guichets uniques frontaliers » numériques afin de fluidifier le passage des marchandises et des personnes, tout en optimisant les procédures douanières.

Il a enfin rappelé que le commerce intra-africain a atteint 220 milliards de dollars en 2024, porté par les progrès de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), estimant que cette dynamique confirme une trajectoire positive malgré les défis structurels qui subsistent.

R.I

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R. I

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