France : 20 598 titres de séjour délivrés aux Tunisiens en 2025, en recul de 8,4 %
En 2025, la France a délivré 20 598 premiers titres de séjour à des ressortissants tunisiens, selon les données officielles publiées le 30 juin 2026 par la Direction générale des étrangers en France (DGEF). Ce chiffre marque un recul de 8,4 % sur un an, confirmant une tendance générale de baisse des flux migratoires en provenance du Maghreb.
Malgré ce repli, la Tunisie conserve sa place de troisième nationalité maghrébine en matière de primo-délivrances, derrière le Maroc et l’Algérie, dans un classement dominé par les ressortissants marocains.
Le Maroc confirme sa première place
Selon le rapport officiel du ministère de l’Intérieur français, les ressortissants marocains restent en tête des nouvelles délivrances de titres de séjour en 2025 avec 35 585 titres, contre 36 962 en 2024, soit une baisse de 3,7 %.
Les Algériens occupent la deuxième position avec 28 531 premiers titres de séjour, également en recul (-2,8 % par rapport à 2024 où ils étaient 29 346).
La Tunisie complète le trio maghrébin avec 20 598 titres délivrés (contre 22 499 en 2024), confirmant une baisse plus marquée que celle enregistrée par ses deux voisins. Ensemble, les trois pays du Maghreb concentrent toutefois une part importante des flux migratoires vers la France, illustrant la continuité des dynamiques historiques entre les deux rives de la Méditerranée.

Une baisse généralisée des flux maghrébins en 2025
Le rapport de la DGEF met en évidence une tendance commune : les pays du Maghreb enregistrent tous une diminution des primo-délivrances en 2025, comprise entre -3 % et -8 % selon les nationalités.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte global où les 10 premières nationalités représentent près de la moitié des nouveaux titres de séjour délivrés en France. Malgré leur recul, les ressortissants maghrébins demeurent les premiers bénéficiaires de titres de séjour parmi les pays tiers, avec plus d’un titre sur cinq attribué à un ressortissant de la région.
Tunisie : un profil d’immigration à dominante familiale
L’analyse des motifs de délivrance des titres de séjour permet de mieux comprendre le profil de l’immigration tunisienne en France.
En 2025, les premiers titres délivrés aux Tunisiens se répartissent comme suit : 42,1 % pour motifs familiaux, 26,8 % pour motifs étudiants, 26,6 % pour motifs économiques, 1,3 % pour motifs humanitaires et 3,2 % pour motifs divers.
Cette structure met en évidence la prépondérance du regroupement familial, qui constitue la première voie d’accès au séjour légal en France pour les ressortissants tunisiens. Les motifs économiques et étudiants arrivent ensuite dans des proportions relativement proches.
Cette configuration distingue la Tunisie de son voisin marocain, où les titres étudiants occupent une place plus importante.

Les ressortissants marocains affichent une structure différente des motifs de séjour : 40,7 % étudiants, 31,4 % familiaux, 23,1 % économiques , avec une part marginale pour les autres motifs.
Cette répartition montre une orientation plus forte des Marocains vers les études supérieures en France, ce qui explique en partie leur position de première nationalité maghrébine en matière de primo-délivrances.
À l’inverse, les Tunisiens et les Algériens restent davantage concentrés sur les motifs familiaux, bien que les écarts entre les catégories tendent à se réduire.
L’Algérie conserve une forte présence malgré la baisse
Les ressortissants algériens, avec 28 531 premiers titres de séjour en 2025, restent en deuxième position au sein du Maghreb. Leur profil reste marqué par une forte composante familiale, qui constitue également le principal motif d’obtention des titres.
Leur recul de 2,8 % sur un an s’inscrit dans la même tendance générale observée pour l’ensemble des pays du Maghreb, sans remettre en cause leur poids structurel dans les flux migratoires vers la France.
Une présence tunisienne stable dans le stock global
Au-delà des flux annuels, la présence tunisienne en France demeure importante et relativement stable.
Au 31 décembre 2025, 312 463 ressortissants tunisiens résidaient légalement en France, contre 304 287 en 2024, soit une hausse de 2,7 %.
Dans ce classement global des étrangers en situation régulière, la Tunisie occupe la troisième position, derrière l’Algérie avec 658 232 résidents, le Maroc avec 621 175 résidents, puis la Tunisie avec 312 463 résidents.
Cette position confirme la solidité de la communauté tunisienne en France, installée sur plusieurs générations et fortement ancrée dans le tissu social et économique français.

Une immigration maghrébine toujours dominante en France
Les trois pays du Maghreb continuent de représenter une part centrale de l’immigration légale en France. Selon les données de la DGEF, ils concentrent plus de 35 % des titres de séjour valides et documents provisoires détenus par les ressortissants de pays tiers.
Cette présence importante s’explique par des facteurs historiques, linguistiques et sociaux, mais également par la stabilité des flux migratoires familiaux, qui restent majoritaires dans les demandes de séjour.
Ainsi, les données 2025 confirment une évolution contrastée de l’immigration tunisienne en France. D’un côté, les primo-délivrances de titres de séjour reculent, traduisant une baisse des nouveaux arrivants. De l’autre, la présence globale des Tunisiens en France continue de progresser légèrement, dépassant les 312 000 résidents.
Et dans un contexte de baisse généralisée des flux maghrébins, la Tunisie conserve sa position de troisième pays du Maghreb en matière de titres de séjour délivrés en France, derrière le Maroc et l’Algérie, confirmant une dynamique migratoire stable mais en mutation.



