La commission médicale de l’équipe nationale tunisienne a réagi ce vendredi 3 juillet 2026 à la polémique liée à la détection de traces de clenbutérol chez plusieurs joueurs lors du Mondial 2026 au Mexique, affirmant privilégier l’hypothèse d’une contamination alimentaire et mettant directement en cause les responsabilités organisationnelles de la FIFA.
Dans une déclaration accordée à la Radio nationale, le président de la commission médicale, le docteur Souheil Chemli, a estimé que la FIFA porte la responsabilité de la présence de substances dopantes dans l’alimentation des joueurs durant leur séjour au Mexique.
Il a expliqué que les conditions d’alimentation mises à disposition des sélections relèvent des prérogatives de l’instance internationale, ajoutant que la chaîne d’approvisionnement en viande pourrait être à l’origine de cette contamination. Selon lui, la composition de l’alimentation animale au Mexique, notamment dans l’élevage bovin et ovin, inclurait des substances susceptibles de laisser des traces interdites chez l’humain, ce qui aurait pu affecter les joueurs.
Cette prise de position intervient alors que des révélations du Daily Mail Sport indiquent que les analyses d’au moins huit joueurs tunisiens ont mis en évidence des traces de clenbutérol, une substance interdite par l’Agence mondiale antidopage (WADA). Ce composé, utilisé médicalement pour traiter certaines affections respiratoires, est également détourné illégalement dans certains pays pour accélérer la croissance du bétail ou, dans le milieu sportif, pour favoriser la combustion des graisses et préserver la masse musculaire.
Selon le média britannique, les premières orientations des enquêtes ne privilégient pas une consommation volontaire de substance dopante. Les autorités compétentes s’orienteraient plutôt vers la piste d’une ingestion involontaire via de la viande contaminée consommée par les joueurs pendant leur séjour au Mexique, avant et durant la compétition.
Toujours selon Daily Mail Sport, les clubs des joueurs concernés ont été informés des résultats des analyses, tandis qu’aucune procédure disciplinaire ne serait envisagée à ce stade si la thèse de la contamination alimentaire venait à être confirmée.
Aucune réaction officielle n’a, pour l’heure, été publiée par la FIFA ou par l’Agence mondiale antidopage, dans l’attente des résultats complets des enquêtes et des analyses complémentaires.
Cette affaire rappelle plusieurs précédents survenus au Mexique, notamment lors de la Gold Cup 2011, où plusieurs joueurs avaient été testés positifs au clenbutérol avant d’être finalement blanchis après la confirmation d’une contamination alimentaire. Des cas similaires avaient également été enregistrés lors de la Coupe du monde U17 organisée la même année, sans déboucher sur des sanctions, les enquêtes ayant conclu à des contaminations d’origine alimentaire.
Enfin, cette polémique intervient dans un contexte sportif difficile pour la Tunisie, après une Coupe du monde 2026 marquée par une élimination dès la phase de groupes, avec trois défaites face à la Suède (5-1), au Japon (4-0) et aux Pays-Bas (3-1), et le limogeage de l’entraîneur Sabri Lamouchi dès le premier match de la compétition.
R.I



