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Vente des animaux de sacrifice : Entre théorie et pratique

  • 4 juillet 2026
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Vente des animaux de sacrifice : Entre théorie et pratique

Nous avons appris que sous l’égide du ministre de l’Agriculture, ont été lancés des travaux préparatoires d’un programme national visant à réguler le marché des animaux de sacrifice destinés à être mis en vente pour l’Aïd.

La Presse — Très bien. Mais gageons que cette vision trouvera bien des difficultés pour s’exprimer sur le terrain. En effet, entre la théorie et la pratique, il y a tout un monde. Et dans le monde de l’élevage, surtout au niveau de notre cheptel ovin, il est pratiquement impossible de connaître le nombre de têtes qui existent. Il serait également difficile de dénombrer notre capital brebis par rapport au reste des animaux.

Quelles sont les races qui dominent ? N’oublions pas en effet que nous avons connu un défaut d’importation de béliers reproducteurs qui ne s’adaptaient pas à  la race de nos brebis et qu’il a fallu procéder à des césariennes pour dégager les malheureuses bêtes qui ont fini par être sacrifiées.

Des programmes de ce genre, qui englobent numérisation et traçabilité, ne pourraient réussir qu’en possédant de solides statistiques. Ce qui n’est pas le cas. Comment dans ces conditions mettre en place un plan d’action opérationnel et efficace ? Dans le cas contraire, nous nous retrouverons en fin de campagne avec les mêmes problèmes qui ont bouleversé toutes les prévisions depuis des années.

Considérant ces facteurs incontournables, il nous semble qu’il faudrait commencer par procéder à la mise en place d’une véritable campagne de recensement telle que les autorités compétentes le font pour fixer le nombre de citoyens tunisiens vivant sur notre territoire et ceux qui se trouvent à l’étranger.

Ce recensement exige la fixation ou la réduction des déplacements du cheptel disponible. Tout déplacement sera interdit sans l’autorisation des autorités régionales qui prendront note du nombre, de la race et du sexe des bêtes ainsi que de leur destination.

Pour couvrir le territoire, il faudrait faire appel aux étudiants au niveau du secteur agricole actuellement en vacances, que l’on pourrait renforcer par des équipes formées pour cette mission. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de réduire, puis d’organiser les déplacements des bêtes. Nous voyons mal des brebis figurant dans un camion chargés de moutons avec comme destination un abattoir. Ces brebis finiront en méchoui tout au long des routes où l’abattage s’effectue sur place.

Et c’est la raison pour laquelle un véritable programme sérieux ne saurait être mis en place qu’après avoir pris en main l’abattage sauvage auquel on assiste depuis des années sans réagir.

Second secteur à mettre au pas, celui de l’ouverture des boucheries qui fausse tous les calculs et déjoue toute politique d’organisation du secteur qui s’est transformé en un véritable cartel, qui réussit à imposer ses prix aussi bien en aval qu’en amont.

Troisième point, les lieux de vente des animaux de sacrifice. Une question que nous avions soulevée à la veille du dernier Aïd.

On ne peut tolérer la vente là où le souhaitent les manipulateurs, spéculateurs et agriculteurs. Autant dérouler le tapis rouge à cette spéculation qui se retrouve avec la bénédiction des autorités locales, assez à l’aise pour s’en donner à cœur joie.

En décidant tout simplement pour des questions d’organisation, de propreté et de stratégie de distribution que la vente ne peut être effectuée que dans des périmètres autorisés, munis de bascule, contrôlés et incontournables sous peine de graves sanctions et de saisie, on retirera des mains de la spéculation l’atout maître qui leur permet de tout contrôler.

Cette décision est à prendre en urgence pour que chacun sache à quoi s’en tenir.

Dans l’état actuel des choses, sans statistiques fiables, on ne peut décider ni du prix au kilo vif ni de l’éventuelle relance de l’élevage pour reconstituer le cheptel qui demeure la priorité sur le plan national.

Et rien d’autre.

Et qu’on ne vienne pas parler des conditions climatiques. En plein désert, d’autres pays qui ne possèdent même pas le centième de nos richesses en cadres ont créé un cheptel qui assure leur autosuffisance.

Auteur

Kamel GHATTAS

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