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Pour venir à bout d’un mal endémique : Des campagnes contre l’occupation anarchique de l’espace public

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  • 6 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Pour venir à bout d’un mal endémique : Des campagnes contre l’occupation anarchique de l’espace public

Qu’il s’agisse de libérer les trottoirs, de démanteler des installations illégales ou de veiller à la sécurité sanitaire, la multiplication des interventions sur le terrain marque une volonté claire de réhabiliter l’espace public. Cette approche diversifiée répond directement aux recommandations présidentielles qui privilégient l’action continue, offrant ainsi aux citoyens la garantie d’un suivi régulier et durable pour restaurer l’ordre au quotidien.

La Presse — Au grand bonheur des citoyens, plusieurs campagnes ont été menées ces derniers jours pour libérer l’espace public des occupations sauvages, qu’il s’agisse des trottoirs envahis, des parkings improvisés ou des kiosques installés sans autorisation, souvent à proximité des plages et des institutions publiques.

Le grand nettoyage des services municipaux 

C’est dans ce contexte que les services municipaux de Tunis, en coordination avec les différentes parties concernées, ont mené une opération de terrain aux abords de l’Institut Salah-Azaïez, de l’hôpital Hédi-Raïs et de l’hôpital La Rabta. Une intervention qui s’inscrit dans la continuité des efforts déployés pour lutter contre l’installation anarchique et l’exploitation illégale du domaine public.

Au cours de cette campagne, plusieurs kiosques et installations anarchiques, qui entravaient la circulation des véhicules comme celle des piétons, ont été démantelés. Mais l’opération ne s’est pas arrêtée là, puisque des produits alimentaires avariés, destinés à la préparation de casse-croûtes, ont également été saisis dans la foulée. Une action menée dans le souci de faire respecter la réglementation municipale, de préserver l’ordre public et la santé des citoyens, améliorer le cadre urbain et garantir la sécurité des usagers de la route ainsi que des visiteurs des établissements de santé environnants, a indiqué ce lundi la page officielle de la municipalité de Tunis.

Certaines vidéos diffusées sur les réseaux sociaux , montrant ces opérations de saisie, laissent pour le moins perplexe. Comment les citoyens peuvent-ils encore se permettre de s’approvisionner auprès de kiosques anarchiques ou de vendeurs à la sauvette pour se nourrir, au mépris des règles élémentaires d’hygiène ? 

L’autre question, plus dérangeante encore, est de savoir comment les propriétaires de ces installations, si tant est qu’on puisse parler de propriétaires, ont pu, en toute impunité et durant des jours, voire des semaines, se livrer à de telles activités, dangereuses pour la santé des citoyens et pourtant formellement interdites par la loi. C’est le cas de le dire pour le kiosque implanté devant l’hôpital de La Rabta, en plus de deux autres kiosques démantelés aux abords de l’hôpital Salah Azaïez et de l’hôpital Hédi Raïs d’ophtalmologie.  

Le constat est similaire dans plusieurs autres gouvernorats, où l’heure est également aux campagnes contre toutes les formes d’occupation anarchique de l’espace public. Mais pour porter leurs fruits, ces opérations devront gagner en rapidité et en intensité, tout en s’inscrivant dans la durée. C’est précisément le message que le Président de la République n’a cessé de transmettre lors de ses réunions successives avec les membres du gouvernement, insistant avec force sur le devoir d’opter pour des campagnes continues et d’en finir avec les simples réponses conjoncturelles dictées au gré de l’actualité. 

Le test de la pérennité et du contrôle permanent 

Pour le Chef de l’État, l’action publique ne doit plus se limiter à une gestion de l’immédiat ou à des réactions à chaud qui s’essoufflent une fois l’attention médiatique retombée.  En exigeant cette continuité, il impose une véritable rupture dans les habitudes des institutions. Révolu est le temps du rafistolage. Place à une action pensée dans la durée, capable de transformer en profondeur plutôt que de simplement gagner du temps. 

Cette démarche présidentielle vise avant tout à redonner à l’État sa crédibilité, en remplaçant la culture de l’urgence par celle de l’anticipation. Le Chef de l’Etat le rappelle à sa manière, la confiance des citoyens ne se construit pas à coups de campagnes ponctuelles, mais dans la constance de l’effort public. En inscrivant les campagnes gouvernementales dans la durée, on arrive à garantir un suivi transparent et des résultats concrets dans le quotidien des Tunisiens, pour prouver que les engagements de l’État ne restent pas de simples effets d’annonce, mais se traduisent, sur le terrain, par des solutions qui tiennent dans le temps. 

Le vrai test ne se joue pas au moment de l’opération, filmée et relayée  sur les réseaux sociaux, mais dans ce qui se passe après, une fois les caméras rangées. Car un kiosque démonté aujourd’hui peut très bien ressurgir demain, au même endroit ou à quelques mètres de là, si l’on continue de traiter le mal par ses symptômes plutôt que par ses causes. Il en va de même pour ces trottoirs confisqués sans vergogne par les propriétaires de café, transformés en terrasses sauvages au mépris des piétons. Sans un contrôle rigoureux et permanent sur le terrain, ces pratiques, pourtant dénoncées quotidiennement par le citoyen, continueront de prospérer dans l’impunité, et l’anarchie reprendra ses droits sitôt les regards détournés.

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Auteur

Samir DRIDI

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