Femmes entrepreneures : Bâtir des synergies
À l’occasion de la 7e édition de la Foire commerciale régionale et de la Conférence des femmes d’affaires du Comesa, Florence Basty, représentante d’ONU Femmes pour la Tunisie et la Libye, a souligné l’importance de renforcer les réseaux de femmes entrepreneures africaines.
La Presse — Florence Basty, représentante d’ONU Femmes pour la Tunisie et la Libye, a souligné que la tenue de cette rencontre du Comesa, pour sa septième édition, ainsi que du réseau des femmes du Comweb, en Tunisie, revêt une signification particulière. Elle a indiqué que le choix de la Tunisie a été arrêté au niveau du Comesa, estimant qu’il fait sens en raison du positionnement stratégique du pays.
« Comme cela a été rappelé dans les allocutions, la Tunisie se situe au carrefour du monde arabe, de l’Afrique subsaharienne, de la Méditerranée et de l’Europe. Elle a, depuis longtemps, su s’engager avec ces différents espaces », a-t-elle affirmé. Selon elle, l’objectif principal de ces trois jours est de permettre aux femmes entrepreneures africaines de se rencontrer, d’échanger et de réfléchir à la construction d’un réseau solide. Elle a rappelé que 21 pays sont représentés à Tunis et a souligné la nécessité de faciliter les échanges afin de renforcer les chaînes de valeur à l’échelle continentale.
Florence a également mis en avant les défis auxquels font face les femmes entrepreneures en Afrique, notamment l’accès aux marchés, y compris au niveau national. « Certaines femmes en Tunisie, par exemple, produisent des biens sans parvenir à les écouler même sur le marché local ou à les exporter facilement», a-t-elle noté.
Elle a insisté sur l’importance des différents niveaux d’intégration national, régional et international et sur le rôle de ce type de rencontres pour favoriser les synergies. « L’objectif est de permettre aux femmes de se rencontrer, de présenter leurs produits et de réaliser qu’elles font face à des défis similaires, afin de devenir plus fortes ensemble », a-t-elle expliqué.S’exprimant au nom d’ONU Femmes, elle a rappelé que l’organisation œuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes et pour le renforcement des capacités des femmes.
Elle a souligné que l’autonomisation économique constitue un levier essentiel d’émancipation, permettant aux femmes de disposer d’une véritable autonomie de choix. Elle a également insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les hommes dans ce combat, notamment pour favoriser la présence des femmes dans les instances de décision. Elle a rappelé qu’un partenariat a été lancé avec la Bourse de Tunis dans ce sens.
Selon elle, la faible représentation des femmes dans les conseils d’administration demeure un enjeu majeur, alors que des études montrent que les entreprises intégrant davantage de diversité dans leur gouvernance enregistrent de meilleures performances. « Ce n’est pas seulement une question d’équité, mais aussi d’efficacité économique », a-t-elle affirmé. Enfin, évoquant la Tunisie, elle a souligné la qualité du capital humain féminin du pays. « Les femmes tunisiennes sont hautement éduquées, compétentes et talentueuses. La question aujourd’hui n’est pas le potentiel, mais son utilisation effective. Ce serait un véritable gâchis de ne pas exploiter pleinement ces capacités », a-t-elle conclu.



