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Point de vue : Jusqu’où ira Infantino ?

  • 8 juillet 2026
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La Presse — Une grande partie du public mondial qui suit la Coupe du monde était très contente après la correction infligée par la Belgique aux Etats-Unis. Non seulement pour ce sentiment naturel anti-américain expliqué par les politiques américaines dans le monde, mais aussi pour cet étrange et dangereux épisode Balogun. Un joueur américain qui a marché sur la cheville d’un adversaire, mais gracié in extremis par Infantino sur recommandation de Donald Trump. Quelque chose de jamais vu en football : un joueur qui écope d’un carton rouge justifié, puis la Fifa revient sur une décision arbitrale pour la contourner. Trump en a voulu ainsi comme d’habitude, et le boss du mondial, avec sa soumission habituelle, a obéi. Mais où va-t-on avec ce mondial insupportable et commercial ? L’organisation, l’horaire flottant, la chaleur, la réalisation des matches à l’américaine, le tableau déséquilibré qui favorise l’Argentine de Messi, l’arbitrage, les visas non accordés (Omar Artane, bien sûr), le traitement humiliant des autorités américaines envers certaines délégations, vraiment c’est un mondial dont on ne se rappellera pas avec plaisir. Infantino aura brisé tous les tabous et descendu si bas après l’épisode Balogun. Là, on ne parle plus foot, on parle intérêts politiques et économiques avec une Fifa qui joue les deux poids deux mesures pour des raisons qui incombent à son président. Déjà un mondial défiguré avec 48 sélections et un tri de plus en plus faible, trop de matches qui ne permettent plus de savourer le football de haut niveau, et, à la base, une énorme cagnotte juteuse à distribuer. Infantino, avec son opportunisme sans limites, incarne ce football des temps modernes, un football-business où tout tourne sur la rentabilité maximale et « capitaliste » au détriment de l’essence du jeu. Même les accessoires du foot sont touchés par la cupidité et les idées bizarres du président de la Fifa et de ses collaborateurs avec un ballon si léger qui ne permet plus aux gardiens de jouer leurs rôles. Tout a changé sur ce football du XXIe siècle, mais là, Infantino a mis la barre très haut par rapport à son prédécesseur Blatter. Ami et serviteur des grandes puissances économiques du monde, le Suisse, qui a renversé Blatter son ex-mentor et celui qui l’a aidé à gravir les échelons de la Fifa, a rendu le football un business florissant et un terrain dans lequel la géopolitique et l’économie sont les variables clefs. Et tout tourne autour de sa personne, même les stars du football qu’on a adulées depuis notre enfance, sont devenues des agents et des décors qui, munis de leurs badges Fifa, ne font qu’embellir la tribune VIP où siège Inantino. La réaction de l’Uefa a été dure envers Infantino et la Fifa, mais là encore, les Européens ne sont pas exempts de reproches. Dans les coulisses, ils négocient tout avec la Fifa et eux aussi n’ont rien de « clean ». Après l’épisode Balogun, que nous réserve encore Gianni Infantino ?

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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