Sociétés communautaires souffrent de blocage : le Parlement plaide pour un relèvement du plafond de financement et moins de bureaucratie
Le modèle des sociétés communautaires passe au crible du pouvoir législatif. Le ministère de l’Emploi dresse le bilan du secteur devant le Conseil national des régions. Il en ressort que seulement 75 structures sont financées et actives alors que 791 projets sont enregistrés mais en suspens. ! Un constat qui a mis la puce à l’oreille des députés qui ont pointé du doigt des blocages administratifs et réclamé davantage de transparence dans le traitement des dossiers.
En effet, ce mercredi 8 juillet 2026, la commission des services et du développement social au sein du Conseil national des régions et des districts a organisé une séance d’audition officielle des cadres supérieurs du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. L’objectif était d’analyser les verrous administratifs, logistiques et financiers qui freinent le déploiement des scoiétés communautaires sur l’ensemble du territoire de la République. Les experts du ministère ont exposé le cadre réglementaire régissant la création locale et régionale, détaillant les modules de formation managériale dispensés aux jeunes promoteurs et le rôle des nouvelles commissions régionales d’assistance technique.
L’administration a profité de cette tribune pour actualiser les données statistiques officielles du secteur. À la fin du mois de mars 2026, l’État a validé le financement direct de 75 sociétés communautaires actives. Parallèlement, le Registre national de la culture entrepreneuriale comptabilise un vivier important de 791 initiatives citoyennes officiellement inscrites, mais toujours en attente de déploiement ! La sociologie des actionnaires et participants met en relief une dynamique inclusive : le secteur fédère 11 000 hommes et 5 000 femmes. Parmi cet effectif, on recense 2300 diplômés de l’enseignement supérieur ainsi que plus de 160 personnes en situation de handicap. Constat qui confirme l’impact de ce modèle sur l’insertion des profils vulnérables.
Les députés contestent et exigent des comptes
Le débat parlementaire s’est avéré particulièrement offensif concernant la gouvernance de ces dossiers. Les députés ont interpellé le ministère de l’Emploi sur le respect strict du principe de l’antériorité chronologique lors de l’instruction technique des projets. Soupçonnant des anomalies de traitement, les élus ont exigé des garanties pour que les premières initiatives inscrites soient les premières à être étudiées et financées par les banques publiques. Le bloc législatif a également formulé deux exigences majeures en faveur des sociétés communautaires. A savoir : relever de manière substantielle le plafond maximal des crédits accordés et nettoyer le parcours administratif des lourdeurs et complications bureaucratiques qui découragent les porteurs de projets dans les régions de l’intérieur.
Pour sa part, la délégation du ministère de l’Emploi s’est engagée à faire remonter ces griefs à l’exécutif. Les représentants de la Kasbah ont promis de formaliser des réponses écrites détaillées et des solutions concrètes. Ces dernières seront transmises à la commission parlementaire par les canaux officiels du Conseil national des régions. Et ce, afin d’ajuster la législation avant la fin de la session législative actuelle.


