Société

200 cas d’intoxication alimentaire lors d’un mariage : Conséquence de la négligence et de l’improvisation

  • 9 juillet 2026
  • 6 min de lecture
200 cas d’intoxication alimentaire lors d’un mariage : Conséquence de la négligence et de l’improvisation

« Le coordinateur régional de l’Autorité nationale de sécurité sanitaire à Gabès a révélé qu’environ 200 cas d’intoxication alimentaire ont été recensés après un dîner de mariage dans le quartier d’Al-Metouia, samedi dernier au soir. Les premières investigations ont attribué la cause à la présence d’ingrédients périssables dans le tajine et la salade. Les symptômes comprenaient vomissements, diarrhée et fièvre. La plupart des personnes touchées ont pu quitter l’hôpital après avoir reçu des soins, et leur état est désormais stable ».

La Presse — Souhaitons que les dégâts ne soient pas plus graves et que les victimes répertoriées se portent mieux pour clore ce dossier qui, encore une fois, met en évidence le peu de cas que l’on fait de la chaîne du froid pour la bonne conservation des aliments.

Sécurité alimentaire

Les repas commandés, (on cuisinait jadis sur place) mais les organismes qui prennent en charge ces événements se sont multipliés au point de devenir une référence. C’est un luxe qui se paie et seuls ceux qui ont les moyens y ont accès. Et comme on voudrait montrer que l’on peut se permettre ce « luxe », cela fait le bonheur de ces agences. On se chuchote qu’«on aurait mieux fait de commander, c’est plus chic, mais comme cela coûte de l’argent, on a fait appel à une cuisinière qui fait tout sur place ».

A vrai dire, l’agence se charge de tout : chaises, tables, nappes, serviettes, couverts etc. Tout est débarqué en grande pompe par des camionnettes et les serveurs bien habillés se déploient pour faire le service. Dans tout cet attirail, une seule chose fait défaut : les véhicules qui ramènent le menu commandé ne sont généralement pas frigorifiques (cela coûte cher). Et dans tout le matériel débarqué, pas l’ombre d’un comptoir réfrigéré pour conserver les aliments en attendant d’être servis.

Et c’est la première erreur. C’est un manquement à ne jamais faire pour éviter des complications.

Seconde erreur, le fait d’accepter les fameux « tajin » qui, en général et c’est le plus souvent le cas, est cuisiné à base de restes de ce qui n’a pas été consommé, que l’on assaisonne et qui sont transformés en y ajoutant des œufs, en un plat compact qui sent bon et qui, bien présenté, est avalé sans réticence.

Et c’est la catastrophe, car ces restes, personne ne peut déterminer leur qualité, tout comme les œufs que l’on ajoute où on pourrait même sans le vouloir confondre un bon et un mauvais. En y ajoutant une conservation qui ne fait pas partie du programme de travail, ni au laboratoire de l’agence, ni au niveau du point de distribution, le tour est joué. Cela se traduit par des problèmes d’intoxication comme ce fut le cas à Gabès.

A Gabès, le nombre a précipité la dénonciation de cette intoxication. Mais combien de cas ont-ils eu lieu ailleurs, sans qu’on y prenne garde ? Les victimes ayant mis leur vomissement ou leur diarrhée sur le compte d’une boisson trop froide ou une consommation exagérée en cette soirée de fête.

C’est donc, en cette saison estivale, une véritable flambée de cas similaires, auxquels on n’accorde pas beaucoup d’importance.

Encourager, mais…

Ces agences qui se chargent de tout, il faudrait certainement les encourager, mais à la condition qu’elles se plient aux exigences requises pour éviter ces complications qui mettent en danger la vie des consommateurs, les invités d’une soirée de fête. Dans le même ordre d’idées, les personnes qui viennent présenter leurs condoléances à l’occasion d’un « fark » en cas de décès sont exposées à ces aléas. A la commémoration de ce troisième jour après le décès en effet, ceux qui viennent présenter leurs condoléances sont invités à de véritables banquets. Une habitude qui s’est parachutée dans nos mœurs, alors qu’il est formellement recommandé d’éviter pareille pratique, soit dit en passant.

Ces agences, comment fonctionnent-elles ? Ont-elles une patente et une adresse fixe ou un simple numéro de téléphone communiqué sur le web ? Leur personnel est-il régulièrement engagé et peut-il être classé comme professionnel ? Un flou artistique entoure ce métier qui fonctionne le plus souvent selon la formule du « bouche à oreille ».

En cas de catastrophe, les responsables de ces agences sont dans l’obligation de répondre à ces questions. Ceux qui les ont sollicités sont en contradiction avec les lois en vigueur, faute de s’être assurés de leur situation, mettant en danger la santé, la vie d’autrui. Cet argent facile qu’elles gagnent pourrait leur être fatal en cas de difficulté.

Les métiers de bouche sont des créneaux qui refusent toute concession au niveau des exigences imposées par des règles qui paraissent élémentaires, mais qui sont d’une rigueur implacable. C’est pour cela que dans le cas où on voudrait se payer ce luxe, il faudrait s’adresser à des restaurants ou hôtels connus, contrôlés, qui veillent à leur réputation et qui possèdent le professionnalisme requis.

Le danger de l’improvisation

Ces jeunes qui se lancent dans ce domaine devraient le comprendre et s’organiser pour s’éviter des conséquences insoupçonnées. Il arrive de pouvoir passer entre les mailles du filet, mais il suffit d’un rien pour tout payer en une seule fois.

Il ne s’agit donc pas de s’improviser, le temps de la saison estivale « agence événementielle » pour gagner de l’argent, mais de répondre réellement aux exigences d’un métier qu’il faut respecter tout en veillant sur la santé de ceux qui sont appelés à être d’innocents convives.

Auteur

Kamel GHATTAS

You cannot copy content of this page