Economie

Assurances – Stratégie nationale 2026-2030 : Miser sur la résilience, la modernisation et le financement de l’économie

Avatar photo
  • 9 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Assurances – Stratégie nationale 2026-2030 : Miser sur la résilience, la modernisation et le financement de l’économie

À l’horizon 2026-2030, le secteur tunisien des assurances s’engage dans une nouvelle phase de transformation portée par une stratégie ambitieuse du Comité général des assurances.

Axée sur le renforcement de la résilience économique, la modernisation du cadre réglementaire, le développement de nouvelles couvertures, notamment contre les catastrophes naturelles, ainsi que l’amélioration de la gouvernance et de la digitalisation, cette feuille de route vise à faire de l’assurance un levier majeur de financement de l’économie et de protection des citoyens face aux risques émergents.

La Presse — Le Comité général des assurances (CGA) a dévoilé les grandes orientations de sa stratégie de développement du secteur des assurances en Tunisie pour la période 2026-2030. Cette vision s’inscrit dans une approche globale visant à renforcer la solidité du secteur, à accroître sa contribution au financement de l’économie nationale, à élargir l’inclusion financière en matière d’assurance et à accélérer la modernisation de la gouvernance ainsi que la transformation numérique.

L’une des principales priorités du prochain quinquennat consiste à consolider le double rôle économique et social du secteur des assurances. Il s’agit notamment de mobiliser davantage l’épargne nationale pour soutenir le financement de l’économie, tout en augmentant la contribution du secteur au produit intérieur brut (PIB). Dans cette perspective, les autorités ambitionnent de faire des assurances un véritable levier de développement économique et un instrument de protection sociale, capable d’accompagner les mutations économiques et les nouveaux défis auxquels le pays est confronté.

Face à l’intensification des risques liés au changement climatique, le renforcement de la résilience économique figure parmi les axes majeurs de cette stratégie.

Les autorités concernées prévoient ainsi la mise en place d’un système intégré d’assurance contre les catastrophes naturelles, destiné à protéger les ménages, les entreprises et les différents secteurs économiques contre les conséquences des événements climatiques extrêmes.

Ce futur dispositif reposera sur plusieurs mécanismes législatifs et techniques. Il prévoit d’abord l’adoption d’un cadre juridique spécifique instituant une couverture globale des catastrophes naturelles et définissant les obligations des différents acteurs. La stratégie prévoit également le développement d’un outil de modélisation permettant d’évaluer avec précision les coûts de cette couverture et d’en fixer les paramètres techniques. Parallèlement, des études approfondies seront réalisées afin d’analyser les impacts financiers de ce nouveau système, notamment sur la solvabilité des compagnies d’assurances.

Des campagnes nationales de sensibilisation accompagneront enfin sa mise en œuvre afin d’informer les citoyens, les entreprises et les différents partenaires sur les avantages de ce mécanisme et son rôle dans la protection du tissu économique et social.

La stratégie 2026-2030 accorde également une place importante au développement de l’assurance agricole, considérée comme un outil essentiel de gestion des risques dans un contexte marqué par les aléas climatiques. Les réformes envisagées portent sur la modernisation des mécanismes d’assurance agricole, la diversification de l’offre de produits, l’instauration progressive d’une obligation d’assurance pour certaines catégories ainsi que l’amélioration des procédures de gestion et d’indemnisation des sinistres.

Des programmes de formation et de sensibilisation seront également organisés au profit des agriculteurs, des intermédiaires d’assurance et des experts spécialisés dans l’évaluation des dommages agricoles.

Le prochain quinquennat sera également marqué par une réforme du Code des assurances afin d’adapter le cadre réglementaire aux nouvelles exigences du marché. Cette révision vise notamment à renforcer le développement de l’assurance-vie, à promouvoir les produits de retraite complémentaire et à élargir la liste des intermédiaires habilités à distribuer les produits d’assurance, en y intégrant notamment la Bourse et les établissements financiers.

Dans le cadre des réformes structurelles, les autorités prévoient aussi de restructurer le segment de l’assurance automobile à travers une révision du cadre réglementaire du Bureau Central de Tarification. Un mécanisme de répartition solidaire sera instauré afin de limiter les situations de refus d’assurance dans les branches à haut risque, notamment le transport rural, les taxis et les véhicules de location.

À travers l’ensemble de ces réformes, le Comité Général des Assurances entend doter le secteur tunisien d’un cadre moderne, plus résilient et mieux adapté aux défis économiques, financiers et climatiques. Cette stratégie ambitionne de faire des assurances un véritable moteur de financement de l’économie nationale, tout en renforçant leur rôle de filet de sécurité face aux risques émergents et aux chocs économiques et naturels.

Avatar photo
Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

You cannot copy content of this page