Et si les joueurs de la Coupe du monde 2026 représentaient uniquement le pays de naissance de leurs parents ou de leurs ancêtres ? Une étude publiée par le quotidien sportif espagnol Marca tente de répondre à cette question hypothétique et révèle à quel point les migrations ont profondément transformé le visage du football international.
Selon cette analyse, la composition des grandes sélections mondiales serait largement bouleversée si les joueurs devaient défendre exclusivement les couleurs du pays correspondant à leurs origines familiales. Un scénario fictif qui met en lumière le rôle majeur joué aujourd’hui par les enfants d’immigrés dans la réussite des équipes nationales.
Longtemps, les sélections nationales étaient principalement composées de joueurs nés dans le pays qu’ils représentaient et issus de familles originaires de ce même territoire. Mais avec la mondialisation, les mouvements migratoires, les conflits internationaux et les liens historiques entre certains pays européens et leurs anciennes colonies, cette réalité a profondément évolué.
Aujourd’hui, rares sont les équipes nationales qui ne comptent aucun joueur ayant des origines étrangères dans leur effectif, qu’il s’agisse de sportifs nés dans un autre pays ou de joueurs nés en Europe dans des familles issues de l’immigration.
La France, grande puissance grâce à la diversité de ses talents
L’équipe de France apparaît comme l’un des exemples les plus marquants de cette évolution. Régulièrement au centre des débats sur les origines de ses joueurs, la sélection française s’appuie depuis plusieurs décennies sur des talents issus de différentes vagues migratoires, notamment en provenance d’Afrique et d’autres régions du monde.
D’après l’étude de Marca, les Bleus, considérés comme l’une des équipes favorites du Mondial 2026, perdraient une partie importante de leur potentiel si seuls les joueurs nés en France de parents français pouvaient être sélectionnés.
Le scénario imaginé modifierait également le visage de nombreuses autres grandes nations. L’Espagne arriverait ainsi en tête de ce classement virtuel, malgré la perte de plusieurs joueurs majeurs, notamment Lamine Yamal, dont la famille est d’origine marocaine, Nico Williams, issu d’une famille ghanéenne, ou encore Aymeric Laporte, né en France.
Des stars mondiales qui auraient pu porter d’autres maillots
L’étude cite plusieurs joueurs internationaux dont le parcours aurait pu être différent dans un autre contexte. Le Belge Romelu Lukaku aurait ainsi pu représenter la République démocratique du Congo, tandis que l’Anglais Harry Kane aurait pu choisir l’Irlande en raison de ses origines familiales.
Le cas de Kylian Mbappé est également évoqué. L’attaquant français, dont le père est d’origine camerounaise et la mère d’origine algérienne, aurait théoriquement pu défendre les couleurs d’un autre pays. Le défenseur suisse Manuel Akanji, issu d’une famille nigériane, figure également parmi les joueurs concernés par cette réflexion.
Le Maroc, une sélection fortement liée aux diasporas
Parmi les équipes qui seraient les plus affectées par ce scénario figure le Maroc. Les Lions de l’Atlas ont construit une partie de leur progression récente sur un groupe composé de nombreux joueurs nés ou formés en Europe avant de choisir de représenter le Maroc au niveau international.
Cette situation rappelle que la notion d’appartenance dans le football moderne dépasse désormais le simple lieu de naissance ou l’origine familiale. Le choix d’une sélection nationale repose sur une combinaison de facteurs personnels, culturels, affectifs et sportifs.
Si cette étude relève d’un exercice théorique, elle souligne néanmoins une réalité : les migrations ont contribué à enrichir le football mondial et à redessiner la carte des puissances sportives. Sans les joueurs issus de l’immigration, le visage de la Coupe du monde 2026 serait probablement très différent.
S.R



