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Seulement 10 % des déchets sont recyclés en Tunisie

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  • 12 juillet 2026
  • 7 min de lecture
Seulement 10 % des déchets sont recyclés en Tunisie

En Tunisie, le taux de recyclage des déchets ne dépasse pas actuellement 10 %. Pourtant, le pays dispose de plusieurs expériences porteuses et  figure parmi les principaux pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) ayant mis en place des systèmes publics structurés de gestion des déchets, à même de lui permettre d’améliorer sa situation dans ce domaine, selon Nesrine Guederi, Ingénieure principale et Directrice des études et des analyses économiques et environnementales et de la planification au ministère de l’Environnement,

« La Tunisie a en effet mis en place des systèmes publics de récupération et de recyclage pour plusieurs filières clés : le plastique, les pneus, les huiles moteurs de voiture, les batteries, et les piles, a précisé à la presse Guederi, en marge d’un atelier national de démarrage du projet de transition vers le zéro déchet contre la pollution (SWAP).

De plus, le pays dispose d’un système de récupération des huiles alimentaires usagées, permettant de valoriser ces résidus et de les réinjecter efficacement dans le circuit économique.

Au niveau national, les déchets municipaux comptent plus de 2,6 millions de tonnes par an, alors que dans le Grand Tunis, les déchets sont de l’ordre de 1 million de tonnes.

Le secteur de la gestion des déchets en Tunisie compte 17 décharges contrôlées et 57 centres de transfert.

Guederi a souligné que l’exploitation des déchets est confiée au secteur privé, faisant remarquer que les coûts de financement sont pris en charge par l’Etat à hauteur de 80% et 20% par les municipalités.

Après avoir présenté l’état des lieux sur la gestion des déchets, la responsable a mis l’accent sur l’urgence de développer et d’opérationnaliser des solutions de gestion plus durable, rappelant les engagements internationaux qui sont relatifs à la contribution déterminée au niveau national (CDN) de la Tunisie 3.0 (2026-2035), aux objectifs de développement durable (ODD) , à la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants et à l’initiative SWAP.

A cet égard, la responsable a fait savoir que la CDN de la Tunisie3.0 (2026-2035) accorde une place plus importante au secteur des déchets que les versions précédentes, non seulement comme source d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre GES (notamment le méthane) mais aussi comme levier de transition vers une économie circulaire de mobilisation des investissements et de création d’emplois verts. D’ici 2035, la CDN 3.0 de la Tunisie ambitionne de réduire de 62 % l’intensité carbone de son économie par rapport à 2010.

Dans cette optique, le secteur des déchets devrait représenter environ 4 % des réductions cumulées d’émissions de gaz à effet de serre prévues sur la période 2026-2035. Et pour ce faire, ce secteur devrait occuper la deuxième place en matière de besoin d’investissement le plus important en matière d’atténuation, juste après celui de l’énergie, avec une enveloppe requise de 1,5 milliard USD sur cette période.

Les déchets ne sont pas une fatalité mais un gisement de ressources.

D’après Guederi, le risque d’une crise de gestion des déchets peut devenir le moteur d’une transformation profonde et vertueuse, dans la mesure où les déchets ne sont pas une fatalité mais un gisement de ressources. Ainsi, le modèle linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) n’est plus une solution mais une impasse qu’il faut dépasser.

A cet égard, la responsable a précisé que cette transition, d’un modèle linéaire vers une économie verte, bleue circulaire et résiliente, est déjà en cours, citant la stratégie nationale de transition écologique (2023-2035/2050), notamment dans sa composante relative à la contribution à la gestion circulaire et à la valorisation des déchets.

Cette stratégie vise à faire évoluer le modèle de développement tunisien d’une économie linéaire vers une économie circulaire, sobre en ressources, résiliente face au changement climatique et créatrice de valeur économique, sociale et environnementale.

Il s’agit d’adopter et mettre en œuvre la stratégie nationale de gestion intégrée et durable des déchets ( 2020-2035) fondée sur les principes de l’économie circulaire, de réduire progressivement le recours à l’enfouissement au profit de la prévention, du réemploi, du recyclage et de la valorisation, de développer des filières de valorisation des matières et des déchets organiques ( compostage), de promouvoir les modes de production et de consommation durable, et lutter contre toutes les formes de pollution, ainsi que de renforcer la gouvernance les mécanismes de financement et les partenaires en faveur de la transition circulaire 

Actions en cours et expériences locales

Guederi a évoqué certaines actions en cours, dont celles le déploiement pilote du tri à la source des déchets ménagers dans les villes du Grand Tunis, Sousse et Djerba, l’installation de cogénération de la décharge contrôlée de Sousse et une unité de production d’électricité à partir de biogaz à Djerba en développement d’une capacité de 6000 tonnes tonnes/an de déchets organiques

Il s’agit également des systèmes de collecte et de recyclage pour plusieurs flux de déchets, des unités de recyclage du plastique et des emballages dont le nombre dépasse les cinquantaines, ainsi que plus de 30 unités de traitement des déchets non dangereux ( secteur privé), en plus de la réutilisation de l’eau traitée pour l’irrigation des espaces verts.

S’agissant des orientations clés du plan de développement 2026-2030 pour le secteur des déchets, il porte sur la mise en place d’un système intégré et performant de gestion des déchets, en renforçant la collecte, le traitement et la gestion des déchets ménagers et assimilés.

Il s’agit également, de développer le recyclage ainsi que la valorisation matière organique et énergétique des déchets, la transformation des déchets en énergie et le développement de leur utilisation comme combustible alternatif, limiter les dépôts anarchiques, réhabiliter les sites dégradés, moderniser les textes réglementaires, appliquer le principe du pollueur –payeur et renforcer la responsabilité élargie du producteur (REP)

En plus de moderniser le contrôle environnemental et favoriser les investissements durables, en simplifiant les procédures environnementales, en renforçant les systèmes de suivi et en promeuvant des investissements à même de contribuer à la protection durable des ressources naturelles

Le 9 juillet 2026, le ministère de l’Environnement, en partenariat avec le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), a lancé le projet de transition vers le zéro déchet contre la pollution (SWAP), qui sera réalisé dans le Grand Tunis aux gouvernorats de la Manouba, Ben Arous, Ariana et Tunis, durant la période 2025-2030.

Financé à hauteur de 5 millions de dollars américains (environ 14,8 millions de dinars), par le Fonds mondial pour l’environnement (FEM), le projet SWAP vise à réduire la production des déchets et la pollution chimique dans la chaîne de valeur, à travers des bonnes pratiques de consommation et de production, conformément à la chimie verte, à l’économie circulaire, et aux principes de hiérarchie de gestion des déchets réglementés en Tunisie par la loi n° 96-41 du 10 juin 1996.

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Auteur

La Presse

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