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10 millions de spécialistes IT manquants en Europe : la Tunisie appelée en renfort

  • 13 juillet 2026
  • 3 min de lecture
10 millions de spécialistes IT manquants en Europe : la Tunisie appelée en renfort

Dix millions de postes vacants en Europe d’ici 2030 : la Tunisie a une carte à jouer. C’est ce qu’a affirmé Fakher Zaîibi, directeur général de l’Observatoire national de l’emploi et des compétences, sur les ondes d’Express FM ce lundi 13 juillet 2026.

Ce constat s’appuie sur une étude sectorielle consacrée au marché de l’emploi, aux métiers et aux compétences dans le secteur des TIC, l’une des cinq analyses menées à l’échelle nationale aux côtés de celles portant sur le transport et la logistique, les industries agroalimentaires, l’électronique, ainsi que le bâtiment et les travaux publics.

Une comparaison a également été établie avec cinq pays européens : France, Allemagne, Belgique, Italie et Luxembourg. Ce travail s’inscrit dans un système national de veille et de prospective destiné à éclairer les décisions des acteurs de la formation, de l’enseignement et de l’emploi, et à nourrir l’élaboration des politiques publiques. Un comité national, doté de commissions techniques spécialisées, a été institué pour identifier les secteurs prioritaires et superviser ces études.

Le secteur des TIC représente plus de 3 % du PIB national tunisien, une proportion qui grimpe au-delà de 11 % en intégrant les télécommunications. Il emploie aujourd’hui 120 000 personnes, dont 104 000 dans le privé. La demande en compétences numériques progresse fortement, en Tunisie comme à l’international, en particulier dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’analyse de données, le cloud computing et le développement logiciel avancé.

L’étude recense huit spécialités parmi les plus recherchées : cybersécurité (analystes SOC, ingénieurs en sécurité des systèmes d’information), intelligence artificielle, science et analyse des données, ingénierie du machine learning, cloud computing, développement logiciel avancé, architecture cloud et administration des infrastructures numériques. Leur classement repose sur un indice combinant volume d’emploi actuel, perspectives de croissance et difficulté de recrutement.

L’étude pointe toutefois un écart persistant entre la formation académique et les besoins concrets des entreprises. Zaîibi a nuancé ce constat, écartant tout déficit de qualité dans l’enseignement théorique dispensé par les universités et centres de formation tunisiens, pour souligner plutôt une insuffisance de la formation pratique et des stages en entreprise. Il a plaidé pour un renforcement des partenariats entre établissements de formation et entreprises.

Pour réduire cet écart, le ministère mise sur le mécanisme 48, piloté par l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), qui permet aux entreprises de bâtir des formations courtes et sur-mesure. Ce dispositif a déjà permis de couvrir une demande portant sur près de 12 000 stagiaires dans l’industrie des composants automobiles.

Sur la question de l’émigration des talents tunisiens, le directeur général a écarté l’idée d’en restreindre la mobilité, plaidant plutôt pour l’augmentation du nombre de diplômés et l’amélioration des conditions de travail et des salaires en Tunisie. Selon lui, ce départ peut même devenir un atout pour l’économie nationale, à condition de garder le contact avec ces talents expatriés, porteurs de savoir-faire et d’investissements futurs. Il a enfin invité les jeunes à privilégier les filières scientifiques et technologiques, et à compléter leur cursus universitaire par des certifications professionnelles internationales.

Auteur

S. M.

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