Economie

Afrique News

  • 13 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Afrique News

Afrique de l’Est

Un plan régional pour transformer les systèmes agroalimentaires

La Presse —Les ministres de l’agriculture de l’Afrique de C’est ont récemment annoncé  de nouvelles mesures visant à renforcer la sécurité alimentaire et promouvoir des systèmes agroalimentaires durables. A l’occasion de la tenue de la 19e session du Conseil sectoriel sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, les ministres ont approuvé le Plan régional d’investissement pour les systèmes agroalimentaires pour la période 2026-2035.

Ce plan prévoit d’accroître les investissements dans les infrastructures agricoles, la résilience climatique, les technologies numériques, le financement et le commerce transfrontalier afin de soutenir la croissance à long terme du secteur.

Les nouvelles mesures concernent la mise en œuvre de la stratégie régionale de développement de la filière riz, notamment en renforçant la mécanisation, les systèmes de semences améliorées, la participation du secteur privé et la réduction des barrières non tarifaires au commerce régional.

Afrique du Nord

Commerce numérique et intégration régionale

L’économie numérique de l’Afrique devrait atteindre 712 milliards de dollars d’ici 2050, faisant des outils numériques et du commerce électronique des leviers essentiels pour l’accès aux marchés et l’intégration dans les chaînes de valeur. Le Protocole numérique de la Zlecaf, signé en février 2024, vise à faciliter l’intégration régionale grâce à la numérisation.

Bien que l’Afrique du Nord soit actuellement la sous-région la moins intégrée d’Afrique, elle dispose d’un accès moyen à internet, plus élevé que le reste du continent, et présente un fort potentiel pour tirer parti de la numérisation en faveur d’un commerce inclusif, au service du développement et de la croissance économiques dans le cadre de la Zlecaf.

Selon l’Indice de développement des TIC, l’Afrique du Nord affiche un score de 79,6. Par ailleurs, en Afrique du Nord, les petites et moyennes entreprises représentent 80 à 90 % des entreprises formelles. Des politiques inclusives soutenant la numérisation des PME et leur participation au commerce numérique s’avèrent nécessaires pour permettre à la sous-région de tirer pleinement parti de l’intégration régionale dans le cadre de la Zlecaf et de son Protocole numérique.

OCDE

Quand l’Afrique finance son propre développement

Les données de l’Ocde montrent que l’Aide publique au développement (APD) mondiale a chuté de 23,1 % en 2025, un record, passant de 215,1 milliards de dollars en 2024 à 174,3 milliards de dollars des États-Unis.L’aide bilatérale à l’Afrique a également fortement diminué. L’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et la France représentent à eux seuls 95,7 % de cette baisse mondiale – une première, où les cinq principaux donateurs d’aide au monde ont réduit tous leur assistance la même année.

Quelles conséquences pour les 1,6 milliard d’Africains, dont la population devrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050 ? Comment le continent peut-il continuer à financer les écoles, les hôpitaux, les routes, l’électricité, l’eau potable et les emplois nécessaires à une population qui croît à ce rythme ?

L’impact se fait déjà sentir dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’aide humanitaire et de l’adaptation au changement climatique, domaines où de nombreux pays africains dépendent depuis longtemps des financements extérieurs. Pour le directeur de la Division de la macroéconomie, du financement et de la gouvernance à la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Stephen Karingi, «le point de départ est que les pays africains se tournent vers leurs propres ressources et les mobilisent davantage afin de financer leur développement».

Et d’affirmer que les pays africains disposent déjà de nombreux outils nécessaires pour renforcer la mobilisation des ressources nationales. Le défi consiste à utiliser ces outils plus efficacement. «Si la fiscalité est souvent considérée comme la pierre angulaire de la mobilisation des ressources nationales (MRN), la MRN englobe bien plus que les impôts.

Elle comprend les recettes issues des ressources naturelles, des marchés de capitaux nationaux, des fonds de pension et d’épargne, des partenariats public-privé, du financement de la diaspora et des efforts fournis pour lutter contre les flux financiers illicites». Ces instruments de financement nationaux offrent aux pays de multiples voies pour financer leur développement tout en réduisant leur dépendance aux ressources extérieures.

Pour lui, «l’impôt demeure la source de recettes publiques la plus durable, car il est plus prévisible et moins exposé aux chocs externes que l’emprunt, l’aide étrangère ou les rentrées d’argent inattendues liées aux matières premières. Il confère également aux pays un meilleur contrôle sur le financement et l’orientation de leur propre développemen».

Cependant, l’élargissement de l’assiette fiscale n’est pas sans difficultés. Environ 80 % de la population active africaine travaille dans l’économie informelle, ce qui complique l’identification des contribuables et le recouvrement efficace des recettes par les gouvernements. La capacité de l’Afrique à financer davantage son développement ne

dépendra pas d’une solution unique, mais de l’efficacité avec laquelle les pays mobiliseront leurs ressources nationales, renforceront leurs institutions publiques et gagneront la confiance de leurs citoyens.

Auteur

Najoua Hizaoui

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