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Ouverture de la 60e édition du festival international de Hammamet : Les vertiges de l’ailleurs

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  • 13 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Ouverture de la 60e édition du festival international de Hammamet : Les vertiges de l’ailleurs

La 60e édition du Festival international de Hammamet a démarré avec «Les Fugueuses», dernière création en date de Wafa Taboubi. Portée par six interprètes, la pièce explore l’attente, le départ, le déracinement et la quête d’un ailleurs, dans un monde où l’incertitude semble désormais dicter les trajectoires humaines. Où les vies se tracent à l’aveuglette.

La Presse —Fidèle à sa tradition, la 60e édition du Festival international de Hammamet a inauguré sa programmation par le théâtre. Sur sa scène unique, la metteure en scène Wafa Taboubi a présenté «Les Fugueuses», une création construite autour de l’attente, du départ et des vertiges de lendemains inconnus.

Un spectacle qui fait du mouvement, des corps et de l’espace les principales composantes d’un récit ancré dans les préoccupations de notre époque. Le synopsis en dit long sur l’intrigue de la pièce : Une station. Cinq femmes et un homme. Six personnes réunies dans un même espace, suspendues dans le temps, dans l’attente de quelque chose qui ne vient pas.

Rien ne passe, rien ne surgit, rien ne semble arriver. Les personnages décident alors d’agir. Leurs trajectoires et leurs destinations diffèrent, mais leur quête demeure la même : trouver un ailleurs plus paisible, une vie plus digne, un quotidien moins éprouvant. Partir devient alors une nécessité, presque un réflexe de survie. Mais cette fuite en avant, loin d’offrir immédiatement une issue, se transforme progressivement en errance et confronte chacun à ses propres incertitudes, à ses démons déjà bien installés.

Le spectacle explore le délitement du quotidien, le vide, l’exil intérieur et l’attente d’un «après» qui demeure insaisissable. La fuite n’est ainsi jamais envisagée comme une simple rupture géographique. Elle devient une expérience existentielle, une recherche de soi, ou un point de chute géographique capable d’accueillir des récits de vie, une mémoire, des ressentis et des aspirations.

Écrite et mise en scène par Wafa Taboubi, la pièce déploie un univers où les corps s’entrechoquent, se rapprochent, s’éloignent, s’expriment, dans un espace scénique vide à l’œil nu. Un lieu qui tarde à se dessiner. Les déplacements constituent le moteur essentiel du récit, et qui se réfère à l’instabilité que traversent les personnages. La musique de Hani Ben El Hamadi accompagne cette perte collective.

«L’espoir reste le principal moteur qui me pousse à aller de l’avant, à résister», a déclaré Wafa Taboubi lors d’une conférence de presse. La metteure en scène rappelle ainsi que les maux exprimés dans sa création font écho à la complexité de l’époque contemporaine, marquée par l’incertitude, la violence, les schismes, les ruptures et l’incapacité de se projeter sereinement dans le temps. Car malgré l’errance et l’absence de certitudes, «Les Fugueuses» laisse subsister une possibilité : celle de l’espoir. Une lueur fragile qui permet encore d’avancer et de résister. La pièce s’achève ainsi sur une interrogation : de quoi demain sera-t-il fait ?

Toujours lors du même point de presse, l’équipe a exprimé son ressenti singulier quant au travail spécifique effectué dans l’enceinte de l’amphithéâtre en plein air de Hammamet. Une équipe qui doit braver les aléas de la nature, des bruits émanant de la mer, du vent pour aboutir sur un rendu final. Le théâtre, lieu magique par essence, source d’inspiration, et qui se réfère au slogan de l’édition «Continious vibes».

Sur scène, Fatma Ben Saïdane, Mounira Zakraoui, Lobna Noomen, Mohamed Bouzid, Oumaima Bahri et Sabrine Omar donnent corps à cette dynamique. Jouée en dialecte tunisien et d’une durée de 90 minutes, «Les Fugueuses» est une production de Fabula Production, en coproduction avec le Théâtre national tunisien.   

En choisissant cette création pour entamer sa 60e édition, le Festival international de Hammamet ouvre son édition anniversaire avec une pièce de théâtre qui interroge notre époque et ses incertitudes. Une ouverture théâtrale placée sous le signe du mouvement, de l’ailleurs et de cette obstination de l’humain à continuer d’avancer en bravant le flou.

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Auteur

Haithem Haouel

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