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Saison estivale : L’eau, source de vie et… d’ennuis

  • 13 juillet 2026
  • 6 min de lecture
Saison estivale : L’eau, source de vie et… d’ennuis

Avec cette chaleur qui étouffe et presse les corps pour en sortir une sueur envahissante et gênante, l’eau est à l’ordre du jour. D’ailleurs, on n’est plus surpris de voir des personnes une bouteille d’eau à la main, dans la rue, dans les magasins et autres administrations. L’eau est présente partout sous différentes formes. On en offre au centre-ville dans des brouettes sous une épaisse couche de glace. L’eau glauque dans laquelle flottent des bouteilles en plastiques n’est assurément pas très engageante, mais il y a ceux qui ne peuvent pas résister à cette chaleur.

La Presse — L’eau est source de vie et de joie. Les  enfants adorent y barboter même dans une bassine improvisée baignoire de fortune, lorsqu’on n’a pas les moyens d’aller à la plage. Les adultes s’empressent de  se fourvoyer sous la douche après l’épreuve quotidienne des transports en commun, qui ne sont pas encore touchés par la grâce de la climatisation.

L’agriculteur fait ses comptes au goutte-à-goutte. Les touristes se prélassent dans les piscines et oublient les soucis de toute une année de labeur. On vise les quinze millions. Et nos hôtes partagent notre eau.

Le consommateur est aux abois avec les coupures qui se multiplient sans crier gare, par la faute d’un réseau à bout de souffle. Ou alors attend le passage de la camionnette qui lui fournira de l’eau «potable» faute d’aller s’en procurer auprès de l’épicerie, de la supérette, de la grande surface  du coin. C’est moins cher. La différence c’est pour le pharmacien.

Le PH et la teneur en nitrate n’ont pas cours. A la grâce de  Dieu.

L’eau en bouteille ? Les Tunisiens battent des records. Pour la bonne raison que l’eau du robinet est souvent imbuvable.

Que dire des eaux embouteillées?

On vient d’en saisir des dizaines de milliers sereinement déposés en plein soleil. Il  y a des dizaines d’autres quelque part, qui constituent une menace. Le vendeur tout comme le consommateur n’ont encore rien compris. Surtout le consommateur qui entre acheter sa bouteille d’eau alors que tout un stock est déposé sur le trottoir ou à l’entrée de la boutique en pleine canicule.

Ni les grandes surfaces ni les épiciers du coin ne semblent saisir le danger que cela représente. Le feuilleton des explications et des mises en garde a beau être rediffusé, commenté et relancé, le consommateur continue à se comporter comme si de rien n’était.

Cela fait l’affaire de ceux qui ont saisi au vol ce créneau pour gagner de l’argent facile.

Et chacun y va de sa «marque» ou de son invention pour attirer, motiver et vendre son eau. Les marques se multiplient. Il y a celles dont la traduction du nom est complètement  fausse. Ou alors celles qui sont additionnées de sucre et d’arômes. En guise de composants, on y lit simplement «eau». Quelle eau? Est-ce de l’eau de robinet, de l’eau minérale qui pourrait être un argument de vente?

De l’eau de boisson on en compte un certain nombre. Un connaisseur nous aide à en dénombrer quelques-unes.

«On classe les  eaux  en cinq grandes catégories : 

L’eau potable du robinet qui est traitée pour répondre à des  critères  de potabilité pour la consommation humaine. 

L’eau minérale naturelle   souterraine avec des  caractéristiques minérales stables et reconnues.

L’eau de source  d’origine souterraine naturellement potable et embouteillée sans traitement.

L’eau purifiée,  distillée, filtrée pour éliminer les impuretés et les minéraux.

L’eau gazeuse qui est naturellement plate ou pétillante (avec adjonction de gaz carbonique).

Dans quelle catégorie se classe l’eau que l’on distribue à partir de grands conteneurs ayant servi de contenant pour acide et reconvertis pour l’eau potable ? Il y a malheureusement ceux qui se trouvent dans l’obligation d’en acheter. La vente est libre !

Qui contrôle ces graves entorses portées à la santé surtout si on s’évertue à en donner à des enfants ?

Il y a dépassement et tromperie manifeste lorsque   le consommateur ne prête aucune attention. Un litre «d’eau» embouteillé est payé à plus de deux dinars c’est un peu fort.  Et pourtant on en trouve sur le marché. Il suffit d’y incorporer un arôme artificiel et du sucre tout en variant  le contenant en plastique et cela suffit pour multiplier les addictions, les méfaits du sucre et des arômes qui pourraient être interdits par la législation en vigueur. Mais qui doit se soucier de  ces dépassements ? Les organismes chargés  de défendre les consommateurs ? Ils sont dépassés.

L’Instance nationale de la sécurité sanitaire a beau rappeler les risques que représente le stockage dans des lieux soumis à des températures élevées, qui constitue une infraction aux conditions de conservation prévues par la réglementation et peut avoir des effets négatifs sur la qualité du produit.

Tout en rappelant aux intervenants dans le secteur de la distribution et de la commercialisation des eaux minérales à ne pas stocker ni exposer les bouteilles sous les rayons directs du soleil ou dans des conditions inadaptées, en raison des conséquences potentielles sur la qualité et la sécurité du produit.

Ces produits essaiment sur le marché, souvent dans des bouteilles en plastique ou en multicouches en carton que nous payons en devise. Le transport se fait à ciel couvert ou parfois sous des semblants de couvertures en étoffe légère sous la pluie ou un soleil ardent. Les produits ainsi malmenés, les enfants en raffolent et cela représente un marché dont les conséquences sur la santé sont irréversibles. Le ministère de la Santé a beau multiplier les alertes, personne ne s’en soucie.

Le secteur de l’eau en bouteille devrait être mieux surveillé. De la mise en bouteille à la mise en vente sur le marché, les dépassements ne se comptent pas. Sans compter les prix qui augmentent et constituent une charge de plus en plus lourde pour les consommateurs.

Un dossier à suivre.

Auteur

Kamel GHATTAS

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