Algérie, Libye : la coopération régionale peut-elle renforcer la sécurité électrique tunisienne ?
Face à la hausse exceptionnelle des températures et à l’augmentation de la consommation électrique, l’expert en énergie Ghazi Ben Jemaâ a alerté mercredi 15 juillet 2026 sur la pression croissante exercée sur le réseau national, estimant que les coupures tournantes d’électricité ne constituent pas une réponse durable aux difficultés actuelles.
Intervenant ce mercredi 15 juillet 2026 sur Express Fm, l’expert a expliqué que les vagues de chaleur provoquent une forte progression de la demande en électricité, principalement en raison de l’utilisation massive des climatiseurs. Cette situation conduit le réseau à atteindre des niveaux records de consommation, obligeant parfois à recourir à des interruptions temporaires afin d’éviter un déséquilibre généralisé du système électrique.
Selon Ghazi Ben Jemaâ, ces coupures, bien qu’elles répondent à des impératifs techniques de protection du réseau, engendrent des conséquences importantes pour les citoyens, notamment les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques. Elles peuvent également provoquer des dommages sur certains appareils électriques en raison des variations de tension.
Le vieillissement des équipements parmi les causes des perturbations
L’expert a en outre évoqué le rôle du vieillissement d’une partie des infrastructures électriques dans certaines perturbations observées, soulignant la nécessité d’accélérer les opérations de maintenance, de modernisation et de renouvellement du réseau national.
Il a appelé à renforcer les investissements dans les infrastructures électriques afin d’améliorer la capacité du système à répondre aux périodes de forte demande, particulièrement durant les épisodes de canicule.
Pour faire face à ces défis, Ghazi Ben Jemaâ a plaidé pour une politique énergétique davantage tournée vers l’anticipation, notamment à travers le développement des solutions de stockage de l’électricité.
Il a cité, parmi les options possibles, les systèmes de stockage par batteries ainsi que les stations de transfert d’énergie par pompage, qui permettraient de conserver les excédents de production durant les périodes de faible consommation et de les mobiliser lors des pics de demande.
L’expert a également insisté sur l’importance de renforcer la coopération régionale avec l’Algérie et la Libye à travers les interconnexions électriques existantes, afin de pouvoir bénéficier d’un soutien mutuel en cas de besoin.
L’autoproduction solaire comme levier majeur
Selon Ghazi Ben Jemaâ, la solution à long terme passe également par le développement de l’autoproduction d’électricité à partir de l’énergie solaire, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises.
Cette approche permettrait, selon lui, de réduire la pression sur le réseau national et de limiter les investissements nécessaires dans les grandes centrales de production.
L’expert a précisé que les procédures administratives liées à l’installation des systèmes photovoltaïques ont été simplifiées. Les fournisseurs agréés peuvent désormais accompagner les citoyens dans les démarches auprès de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et des établissements financiers. Il a ajouté que ces projets peuvent être financés par des crédits dont le remboursement est intégré aux factures d’électricité.
Les projets d’exportation ne répondent pas à l’urgence actuelle
Concernant les grands projets solaires destinés à l’exportation, Ghazi Ben Jemaâ a estimé qu’ils ne constituent pas une réponse immédiate aux besoins du marché intérieur.
Il a notamment cité le projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, précisant que celui-ci est principalement orienté vers l’échange et l’exportation d’électricité, plutôt que vers la résolution directe des tensions actuelles sur le réseau national.
En conclusion, l’expert a appelé les autorités et la STEG à renforcer leur communication avec les citoyens lors des périodes de forte consommation, tout en accélérant les investissements dans le stockage énergétique et l’autoproduction solaire, considérés comme des axes essentiels pour garantir durablement la sécurité énergétique de la Tunisie.



