Endettement touristique : La souveraineté économique et financière d’abord
L’endettement touristique constitue une contrainte sérieuse qui empêche notre secteur stratégique de passer à un palier supérieur et à gagner, notamment, en valeur. D’ailleurs, le Chef de l’Etat rappelle, à chaque fois, la nécessité de trouver les réponses adéquates à cette situation complexe, à travers l’adoption d’une approche axée sur la souveraineté économique, la restructuration et l’assainissement financer.
Il est question, en effet, de garantir un bon encadrement des dettes, en misant sur la maîtrise des dépenses, la diversification de l’offre et de s’assurer une meilleure valeur ajoutée. Sans pour autant se soumettre aux donneurs d’ordres financiers internationaux.
La Presse — Le tourisme continue, dans la limite des ses moyens et des programmes engagés, à honorer son statut de secteur stratégique. Et cela justifie, en grande partie, les performances de ces dernières années, notamment en termes quantitatif. On parle, en effet, de 11 millions en 2025 et, certainement, un peu plus en 2026.
Pourtant, et malgré ce bon comportement, notre secteur connaît des situations assez complexes qui l’empêchent de performer encore plus. Et c’est, surtout, la question de l’endettement qui dérange le plus, étant l’importance des créances.
Les dernières statistiques retiennent, en effet, plus de 4,2 milliards de dinars de dettes auprès du secteur bancaire dont environ 1 milliard de créances douteuses et de crédits litigieux non remboursés.
Une telle contrainte justifie l’incapacité de certaines unités d’honorer leurs engagements et, encore moins, de maintenir leurs activités.
Aujourd’hui, on parle justement, de 164 unités fermées, un peu trop pour un pays qui a toujours fait du tourisme son principal levier de développement. Cela est d’autant plus grave qu’indépendamment du manque à gagner, la fermeture de toute unité hôtelière est, généralement, très coûteuse.
On estime, en effet, que la mise à l’arrêt de toute unité hôtelière n’a pas de coût fixe, mais elle implique, souvent, des dépenses directes relatives aux aspects juridiques et administratifs et des frais indirects en rapport avec le volet social.
Priorité aux approches durables
En fait, et selon les appréciations des spécialistes, le coût varie d’une catégorie à l’autre et dépend du volume des charges habituelles. Il se situe, généralement aux alentours de 20 à 30% du chiffre d’affaires de l’unité.
On précise, ainsi, que les frais quotidiens de maintenance et de gardiennage sont de quelques centaines de dinars pour les petites unités et de quelques milliers de dinars pour les grands complexes. Sans parler, bien entendu, des frais d’entretien des installations ou encore les coûts fixes, comme la facture énergétique. Et cela concerne, en grande partie, les fermetures provisoires, car, pour les fermetures de longue durée ou définitives, les choses sont beaucoup plus complexes , en raison de l’importance des charges fixes. On pense, en particulier, aux taxes foncières, aux crédits bancaires ainsi qu’à l’assurance.
En somme, les mises à l’arrêt de l’activité sont très lourdes de conséquences aussi bien pour les professionnels, les banques que pour l’économie nationale dans son ensemble. L’idéal serait, donc, de trouver des issues positives et éviter, ainsi, les pertes inutiles de temps et d’argent.
A ce stade, on estime que la restructuration financière est une action urgente qui pourrait, en cas de bonne conduite, arranger les intérêts des uns et des autres. Pour cela, il est important de mieux communiquer avec les banques pour trouver les compromis nécessaires. Un rééchelonnement des dettes, ou encore une participation au capital restent des pistes sérieuses.
En plus de cette option, la modernisation de l’infrastructure, la diversification de l’offre et l’amélioration du niveau d’attractivité de ces unités, sont, à cet effet, indispensables pour élargir la capacité concurrentielle, attirer de nouvelles clientèles, se libérer de la saisonnalité touristique et garantir, ainsi, un meilleur niveau de rentabilité.
De son côté, l’orientation vers des approches durables et écologiques est une bonne parade pour réduire sensiblement la facture, notamment énergétique et s’assurer une meilleure efficacité financière.
Tout comme, bien entendu, l’amélioration de la qualité des services dispensés, à travers le recours à un personnel qualifié. Une disposition que tout le monde qualifie de fondamentale. Toutefois, pour réussir un tel enjeu, il est important de garantir des conditions de travail favorables, multiplier les incitations, notamment financières et fidéliser son personnel.



