Le stress thermique extrême qui paralyse la Tunisie pousse les autorités de régulation routière à déployer des mesures de contingence d’urgence. Face au dôme de chaleur exceptionnel qui frappe la Tunisie, l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR), appelle à une vigilance accrue via un bulletin d’alerte et de prévention routière d’une rigueur inédite publié aujourd’hui, vendredi 17 juillet 2026. Le protocole impose un audit mécanique des véhicules, dresse la liste des objets explosifs à bannir des habitacles et assimile la conduite avec fatigue à un état d’ébriété.
L’ONSR, invite l’ensemble des automobilistes, conducteurs de poids lourds et autres usagers de la route à observer une prudence maximale. L’objectif est de juguler l’explosion des pannes thermiques et de sécuriser les flux de circulation alors que le thermomètre pulvérise les normales de saison, mettant à rude épreuve les organismes humains et la mécanique des voitures.
Le premier volet de cette charte de sécurité impose une inspection technique préventive et rigoureuse de l’état des véhicules avant de prendre la route. Les conducteurs sont aussi invités à un contrôle minutieux des niveaux du liquide de refroidissement et de l’huile moteur, ainsi qu’un ajustement strict de la pression des pneumatiques, le sous-gonflage combiné à la surchauffe du bitume étant le premier facteur d’éclatement de la gomme sur autoroute.
Les inspecteurs préconisent également de vérifier la charge des batteries, fortement sollicitées par l’usage intensif des climatiseurs, l’alignement des plaquettes de freins et l’étanchéité des circuits de climatisation, rappelant que les fortes chaleurs dégradent de près de 30 % l’efficacité des distances de freinage et le rendement des ventilateurs moteurs.
Briquets, aérosols et smartphones, la liste noire des habitacles surchauffés
L’administration routière sonne également l’alarme sur le danger de transformation des habitacles en pièges explosifs sous l’effet du rayonnement solaire direct. L’ONSR dresse en effet une liste noire des matières chimiques et objets technologiques dont le stockage ou l’oubli à l’intérieur des véhicules est formellement proscrit.
Il s’agit notamment de produits inflammables et sous pression comme les bouteilles de gaz, les briquets à gaz, les allumettes, les flacons de parfum concentrés ainsi que l’intégralité des bombes aérosols et désodorisants, dont le seuil de tolérance thermique peut provoquer des explosions internes destructrices. Il s’agit aussi de précautions qui concernent la logistique et santé.
Il faut éviter de garder des molécules médicamenteuses thermosensibles qui s’altèrent à la chaleur, ainsi que les bouteilles d’eau en plastique dont la stagnation prolongée sous le soleil libère des composants toxiques. Il en est de même pour le matériel électronique. Les smartphones, ordinateurs portables et batteries externes dont les cellules au lithium risquent de subir un emballement thermique mortel et de déclencher un incendie de carrosserie ne doivent pas être gardés dans les véhicules.
Ceci dit, pour atténuer ce choc thermique, l’Observatoire conseille de privilégier systématiquement le stationnement des véhicules dans des zones ombragées et de généraliser l’usage de pare-soleil ou de bâches isolantes aluminisées.
Attention à la fatigue !
Au-delà de la maintenance mécanique, le guide de l’ONSR introduit des directives strictes pour préserver les réflexes et les capacités cognitives des conducteurs au volant. Les experts imposent une hydratation continue, fixant un seuil minimal d’un verre d’eau toutes les heures pour neutraliser les premiers effets de la déshydratation sur le cerveau.
Le port de lunettes de soleil filtrantes est fortement recommandé pour abaisser la fatigue oculaire due à la réfraction de la lumière sur le bitume. Sur le plan de la planification des trajets, les familles sont invitées à bannir définitivement les déplacements routiers durant les heures de pic thermique à la mi-journée (entre 10h00 et 16h00) préconisant de planifier les départs aux aurores ou de manière post-crépusculaire après le coucher du soleil.
L’ONSR rappelle l’interdiction constitutionnelle et pénale absolue de l’usage du téléphone portable au volant, première cause d’inattention mortelle en Tunisie. Il met en garde contre la conduite d’un véhicule sous l’effet de l’épuisement ou de la fatigue thermique, états qui altèrent les temps de réaction de manière identique à une conduite en état d’ivresse. L’institution ordonne aussi la multiplication des pauses de récupération sur les aires de repos, proscrit l’ingestion de traitements médicaux induisant une somnolence et conseille le port de vêtements légers en coton de couleur claire.
Le communiqué appelle par ailleurs, au strict respect des limitations de vitesse pour économiser les moteurs, au maintien de distances de sécurité doublées pour parer aux freinages d’urgence et à l’évitement des axes urbains congestionnés, le surrégime dans les embouteillages étant le déclencheur principal des ruptures de joints de culasse et des incendies de blocs moteur.



