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Canicules à répétition : faudra-t-il revoir les horaires de travail et instaurer un « congé climatique » ?

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  • 18 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Canicules à répétition : faudra-t-il revoir les horaires de travail et instaurer un « congé climatique » ?

Les vagues de chaleur extrême, devenues plus fréquentes et plus intenses sous l’effet du dérèglement climatique, remettent en question l’organisation du travail dans de nombreux pays. Alors que les températures dépassent régulièrement les 45 °C dans plusieurs régions du monde, une interrogation s’impose de plus en plus dans le débat public : les administrations devront-elles adapter durablement leurs horaires de travail, voire instaurer un « congé climatique » lors des épisodes météorologiques les plus extrêmes ?

Une réalité qui s’impose

Les records de chaleur enregistrés ces dernières années en Europe, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Amérique du Nord ne constituent plus des événements exceptionnels. Les climatologues estiment que le réchauffement climatique multiplie la fréquence des épisodes de chaleur intense et prolonge leur durée.

Cette évolution affecte directement les conditions de travail. Les agents publics comme les salariés du secteur privé sont davantage exposés aux risques de déshydratation, de coups de chaleur, de baisse de vigilance et d’accidents professionnels, notamment lorsque les bâtiments sont mal climatisés ou lors des déplacements en extérieur.

Selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT), le stress thermique représente désormais un enjeu majeur de santé au travail et pourrait entraîner une perte importante d’heures de travail à l’échelle mondiale dans les prochaines décennies.

Des horaires déjà adaptés dans plusieurs pays

Face à cette nouvelle réalité, plusieurs gouvernements ont commencé à adapter les horaires de travail pendant les périodes de forte chaleur.

Dans les pays du Golfe, les travaux extérieurs sont suspendus durant les heures les plus chaudes de la journée pendant l’été. En Espagne, certaines collectivités avancent les horaires des services publics lors des épisodes caniculaires. En Grèce, les autorités ferment ponctuellement certains sites touristiques et recommandent le télétravail lorsque les températures deviennent extrêmes.

En Italie, plusieurs régions autorisent l’interruption du travail en plein air lorsque des alertes rouges sont émises. La France, de son côté, renforce progressivement les obligations des employeurs en matière de prévention des risques liés aux fortes chaleurs, tandis que les collectivités locales expérimentent davantage le télétravail et la flexibilité des horaires.

Ces initiatives traduisent une évolution de la gestion des ressources humaines : l’objectif n’est plus seulement de protéger les travailleurs, mais aussi de maintenir la continuité des services publics dans des conditions climatiques de plus en plus difficiles.

L’idée d’un « congé climatique » gagne du terrain

Si aucun pays n’a, à ce jour, instauré un véritable « congé climatique » permanent dans sa législation nationale, le concept apparaît de plus en plus dans les débats académiques, syndicaux et politiques.

L’idée consiste à permettre aux salariés et aux fonctionnaires de suspendre temporairement leur activité lorsque les autorités déclenchent une alerte météorologique exceptionnelle, au même titre que certaines fermetures liées aux catastrophes naturelles.

Plusieurs experts estiment toutefois qu’un tel dispositif devrait rester exceptionnel afin d’éviter une désorganisation des services essentiels.

L’une des pistes les plus évoquées consiste à décaler les horaires de travail vers les premières heures de la journée.

Dans plusieurs pays particulièrement exposés, des économistes suggèrent un fonctionnement des administrations entre 6 h ou 7 h du matin et le début de l’après-midi durant l’été. Cette organisation permettrait de limiter l’exposition aux températures maximales tout en réduisant la consommation électrique liée à la climatisation.

Ce modèle rappelle les horaires estivaux déjà pratiqués dans certains pays méditerranéens, mais pourrait devenir beaucoup plus fréquent à mesure que les vagues de chaleur s’intensifient.

Un enjeu économique autant que sanitaire

Au-delà de la santé publique, les épisodes de chaleur représentent un coût économique considérable.

La baisse de productivité liée au stress thermique touche particulièrement les secteurs de la construction, de l’agriculture, des transports et des services publics. Les interruptions d’activité, les arrêts maladie et l’augmentation de la consommation d’électricité pèsent également sur les finances publiques.

Pour les administrations, maintenir des horaires traditionnels lorsque les températures dépassent 45 °C pourrait devenir de plus en plus difficile, notamment dans les bâtiments anciens peu adaptés aux fortes chaleurs.

Une question qui concerne aussi la Tunisie

La Tunisie connaît elle aussi une multiplication des épisodes de chaleur extrême. Ces dernières années, plusieurs gouvernorats ont enregistré des températures proches ou supérieures à 49 °C, conduisant les autorités à émettre des alertes répétées.

Dans ce contexte, la question d’une adaptation des horaires administratifs revient régulièrement dans le débat public à chaque épisode caniculaire. Jusqu’à présent, les ajustements restent ponctuels et relèvent essentiellement de décisions gouvernementales temporaires ou de recommandations adressées aux employeurs.

Toutefois, avec l’intensification annoncée des vagues de chaleur, plusieurs spécialistes estiment que ces adaptations pourraient devenir structurelles, notamment pour les administrations accueillant du public ou exerçant des activités extérieures.

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Auteur

La Presse

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