Revenu national par tête (RNB) 2026 : Que disent les chiffres de la Banque mondiale?
Le revenu national brut par tête d’habitant (RNB) relatif à la Tunisie s’est établi à 4.300 dollars américains, d’après la dernière actualisation de la Banque mondiale, rendue publique début juillet 2026, une valeur très proche du pic historique de quelque 4.310 dollars enregistré en 2014, soit exactement 12 ans après.
La Presse — Selon la catégorisation de la Banque mondiale, composée de 4 paliers, avec ce niveau de revenu, la Tunisie est classée parmi les pays à revenu intermédiaire inférieur, dont le RNB varie entre 1.176 et 4.635 dollars par tête d’habitant.
Cette tranche compte 47 pays, alors que celle à revenu intermédiaire supérieur (4.635 et 14.375 dollars par tête) compte 54 pays.
Avec ses 4.300 dollars par tête, la Tunisie se rapproche donc de la classe à revenu intermédiaire supérieur, mais demeure loin de la moyenne mondiale estimée à 14.244 dollars par tête ainsi que du palier des pays à faible revenu (≤1.175 dollars par tête). Ce niveau ne compte en fait que 25 nations.
Selon la courbe établie par la Banque mondiale, la Tunisie a suivi une trajectoire ascendante depuis 2020, lorsque le revenu par tête était tombé à 3.270 dollars par tête.
Il y a lieu de rappeler également que la Tunisie faisait partie des pays à revenu intermédiaire supérieur jusqu’en 2016 lorsqu’elle affichait un revenu par tête de 3.930 dollars.
Entre-temps, les seuils de la Banque mondiale avaient évolué, tout comme la valeur du dinar tunisien qui s’est fortement déprécié entre 2014 et 2016 pour passer de 1,69 à 2,15 dinars pour un dollar.
Cette dépréciation s’est poursuivie au fil des années et le taux de change actuel est de 2,97, un niveau resté relativement stable pendant plusieurs mois, avec un record jamais atteint auparavant de 3,8 en juin 2024.
Il est à noter, par ailleurs, que la Tunisie a connu des cycles difficiles ayant considérablement impacté son activité économique, la valeur de sa monnaie et, en conséquence, le niveau de ses revenus.
Les difficultés les plus remarquables faisaient suite aux attentats terroristes de 2015 (Bardo, Sousse et av. Mohamed V), mais également à la crise Covid (2019-2023), dont la Tunisie n’était pas le seul pays à en souffrir.

Que signifie cette classification ?
Certes, le RNB de la Banque mondiale ne reflète pas les disparités issues de la répartition des revenus dans un pays donné, ni même le taux de pauvreté ou du bien-être.
C’est juste un indicateur permettant de mesurer la création des richesses dans un pays donné en faisant une simple division du revenu national brut sur le nombre d’habitants de ce même pays. Il n’est donc pas à confondre avec le PIB qui, lui, mesure ce qui est produit dans un pays, même par des étrangers résidents.
Toutefois, la Tunisie ambitionne d’augmenter son revenu par tête de 6,5% par an pour le porter à 7.424,3 dollars (21.530,5 DTN) à l’horizon 2030, selon les projections de son plan de développement 2026-2030 qui vient d’être adopté par l’Assemblée des représentants du peuple, et ce, grâce à une série de réformes structurelles, dont la consolidation de l’investissement dans les ressources humaines, la réduction du gap de développement entre les régions côtières et intérieures et, surtout, l’orientation vers l’investissement dans les créneaux porteurs et à forte valeur ajoutée.
La Tunisie ambitionne également, malgré un contexte international difficile et instable, de réaliser un taux de croissance de 4,5% d’ici 2030 avec une réduction du taux de chômage en dessous de 15% et une meilleure maîtrise de l’inflation en deçà de 5%.
Au cours de la même période, la Tunisie veut réduire les inégalités à la faveur d’une économie qui se veut solidaire entre les catégories sociales et entre les générations.




