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Gafsa : La jeunesse face à la bureaucratie

  • 27 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Gafsa : La jeunesse face à la bureaucratie

Entre désert culturel et jungle de béton, la jeunesse de Gafsa cherche désespérément sa place. Privés d’infrastructures fondamentales et étouffés par une bureaucratie d’un autre âge, les jeunes de l’ancienne Capsa se voient refuser l’épanouissement qu’ils méritent. Face à ce vide, une génération entière se retrouve piégée entre écrans et errance urbaine. Pourtant, l’urgence d’agir n’a jamais été aussi vive pour réveiller le potentiel dormant de cette ville historique.

La Presse — Malgré un héritage historique prestigieux et un potentiel humain indéniable, Gafsa offre aujourd’hui un visage sombre à ses jeunes. Rongée par le manque criant d’espaces de loisirs et bloquée par une bureaucratie étouffante, toute une génération se retrouve privée d’horizons et réduite à des espaces de substitution.

Dans les artères de l’ancienne Capsa, le constat est amer. L’urbanisation sauvage gagne du terrain, grignotant le peu d’espaces de liberté au profit d’un béton omniprésent. Pour une cité de cette importance, le vide culturel est sidérant : Gafsa ne compte pas la moindre salle de cinéma, si l’on excepte celle de la maison de culture , même si le menu programmé est amorphe.

Démunis, les jeunes réinventent leur quotidien faute de mieux. Leurs seuls points de ralliement ? Les terrasses bruyantes des fast-foods ou les couloirs impersonnels des centres commerciaux, devenus par défaut les seuls lieux de sociabilité.

Le piège du virtuel par dépit

Privée d’infrastructures culturelles, de parcs de verdure et d’activités de plein air, la jeunesse n’a d’autre choix que d’immigrer vers le virtuel. Le smartphone devient un refuge par nécessité plutôt que par choix.

Cette hyper connexion forcée inquiète : en coupant les jeunes du contact avec la nature et des véritables interactions humaines, elle menace leur santé physique et mentale, les isolant progressivement dans une réalité artificielle.

Une bureaucratie qui brise l’élan citoyen

Pourtant, le désir de faire bouger les lignes est bien réel. Les associations locales et les jeunes militants ne manquent ni d’idées ni d’énergie pour créer des clubs, animer des ateliers ou aménager des espaces conviviaux. Mais leurs ambitions se heurtent systématiquement au même mur : une lourdeur administrative décourageante.

À force d’obstacles et de paperasse, la bureaucratie finit par user la bonne volonté des plus enthousiastes, condamnant la ville à une stagnation désolante.

Un appel urgent à la réinvention

Il y a urgence à agir. Pour sortir de cette impasse, les autorités locales doivent impérativement changer de paradigme et soutenir les initiatives, notamment en facilitant les partenariats public-privé.

Des pistes concrètes et réalistes existent. Redonner vie au domaine public : reconvertir les friches urbaines en espaces verts, en parcs de jeux ou en terrains de sport. Miser sur l’environnement : tirer parti du patrimoine naturel de la région à travers le développement de randonnées et d’activités de plein air, et  enfin, accompagner la jeunesse : offrir un soutien logistique et financier aux projets portés par et pour les jeunes.

Il s’agit de réinventer l’avenir de cette ville en cultivant une jeunesse créative, active et engagée.

La balle est désormais dans le camp des décideurs. Gafsa ne peut plus se permettre d’abandonner sa plus grande richesse : sa jeunesse.

Auteur

Hafedh Trabelsi

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