La mer Méditerranée connaît une situation exceptionnelle, avec des températures de surface jamais enregistrées depuis le début des relevés climatiques, selon une note publiée lundi 27 juillet 2026 par l’ingénieur en hydrométéorologie, Mehrez Ghannouchi.
S’appuyant sur les données du programme européen Copernicus, le spécialiste indique que la partie occidentale de la Méditerranée a enregistré, le 23 juillet 2026, une température moyenne de 28,2°C, soit le niveau le plus élevé depuis le début de la série climatique en 1982.
Selon les données présentées, une grande partie de la Méditerranée occidentale a dépassé le seuil des 28°C, tandis que les eaux du golfe de Gabès, au sud de la Tunisie, auraient atteint entre 30 et 32°C, des valeurs généralement observées dans des zones maritimes tropicales.
Plus de 200 jours avec des températures supérieures à la normale
Mehrez Ghannouchi souligne que cette situation ne constitue pas un phénomène ponctuel, mais s’inscrit dans une période prolongée de réchauffement des eaux méditerranéennes.
D’après les données citées par le prévisionniste, la température de la mer a été supérieure à la moyenne climatique de référence 1991-2020 pendant 202 jours depuis le début de l’année, contre seulement trois jours en dessous de cette moyenne.
La période aurait également enregistré 34 nouveaux records quotidiens de température des eaux, sans aucun record de froid.
Quel impact sur la météo en Tunisie ?
Pour Mehrez Ghannouchi, la mer ne représente pas uniquement une étendue d’eau, mais constitue « un moteur essentiel du climat tunisien ». Une Méditerranée plus chaude emmagasine davantage d’énergie et d’humidité, ce qui peut influencer l’évolution des phénomènes météorologiques.
Cette accumulation de chaleur pourrait notamment : renforcer l’énergie disponible pour les cellules orageuses lorsque les conditions atmosphériques sont réunies, augmenter le risque d’épisodes de pluies intenses et localisées lors des périodes d’instabilité, accentuer l’intensité de certains phénomènes météorologiques, affecter les écosystèmes marins, avec une progression des espèces invasives et un recul possible de certaines espèces locales.
Le prévisionniste rappelle toutefois qu’une mer chaude ne provoque pas à elle seule les perturbations météorologiques, mais qu’elle peut contribuer à les amplifier lorsque les autres facteurs atmosphériques sont favorables.
Alors que la saison estivale se poursuit, la question reste posée sur l’influence de cette importante réserve de chaleur accumulée par la Méditerranée sur les conditions météorologiques des prochaines semaines et des prochains mois.
Pour Mehrez Ghannouchi, la Méditerranée traverse une année “exceptionnelle à tous les égards”, ce qui rend indispensable le suivi de l’évolution de la température de ses eaux afin de mieux anticiper les éventuels scénarios climatiques à venir.
Il appelle également à se préparer dès maintenant à la prochaine saison des pluies, qui pourrait être marquée par des épisodes météorologiques différents des années précédentes.
R.I



