La Méditerranée, une “bombe climatique à retardement” : faut-il craindre l’automne 2026 ?
La hausse exceptionnelle des températures de la mer Méditerranée après un été marqué par des records de chaleur constitue un facteur de vigilance face au risque de phénomènes météorologiques violents, notamment les “Medicane”, ces systèmes dépressionnaires aux caractéristiques proches des cyclones tropicaux.
Dans une publication récente, l’ingénieur et prévisionniste météorologique Mehrez Ghannouchi a alerté sur la situation actuelle de la Méditerranée, estimant que la chaleur accumulée par la mer représente un “signal important” pour les spécialistes.
Des précédents en Méditerranée
Selon lui, les grandes catastrophes météorologiques observées ces dernières années dans le bassin méditerranéen ont souvent été précédées par une anomalie positive des températures marines.
Le prévisionniste rappelle toutefois que la chaleur de la mer ne suffit pas, à elle seule, à provoquer un Medicane. La formation de ce type de phénomène nécessite la combinaison de plusieurs facteurs atmosphériques, notamment une forte humidité, une dépression profonde, une masse d’air froid en altitude et des conditions favorables à l’organisation du système.
Plusieurs épisodes récents ont illustré la capacité de la Méditerranée à générer des phénomènes extrêmes. Le Medicane Zorbas en 2018 avait provoqué de fortes précipitations en Tunisie et en Grèce, tandis que Ianos, en 2020, avait été accompagné de vents violents et de pluies exceptionnelles.
En 2023, la tempête Daniel, après avoir touché la Grèce, avait atteint la Libye, où elle avait provoqué une catastrophe majeure après la rupture des barrages de Derna.
La Tunisie appelée à renforcer sa préparation
Concernant la Tunisie, Mehrez Ghannouchi souligne que le pays reste exposé aux conséquences indirectes de tels phénomènes, même en cas de non-impact direct du centre d’un Medicane.
Les fortes pluies, les crues soudaines, les vents violents et la houle peuvent entraîner des dégâts importants, notamment dans les zones vulnérables.
Tout en précisant qu’aucune prévision ne permet actuellement d’affirmer qu’un Medicane touchera la Tunisie à l’automne 2026, le prévisionniste insiste sur la nécessité de l’anticipation, à travers l’entretien des réseaux d’évacuation des eaux, la surveillance des infrastructures hydrauliques et le renforcement des plans d’intervention.



