Editorial

Tunisie-Algérie : un destin commun

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  • 1 août 2026
  • 4 min de lecture
Tunisie-Algérie : un destin commun

Les Tunisiens et les Algériens sont unis par des liens historiques, géographiques et de sang dont les événements de Sakiet Sidi Youssef illustrent un épisode sanglant où des martyrs tunisiens ont payé lourdement cette fidélité à la cause algérienne. Il est de ce fait tout à fait naturel que cette solidarité qui se perpétue au plus haut niveau des deux pays soit plus forte en ces temps de crise où l’on se serre les coudes comme ce fut le cas pendant la pandémie de Covid-19 ou encore plus récemment pour lutter contre les feux de forêt. Certes, cette relation exemplaire au diapason des nouveaux bouleversements géostratégiques et qui s’adosse à de nouvelles bases moins stériles et plus bénéfiques pour nos deux pays dérange ceux qui sèment le vent dans notre région.

Les menaces, les crises, la criminalité et les chocs ignorent les frontières. Les forces du mal profitent de la division et de la perte de contrôle du fait de l’émiettement ou d’interdépendances non maîtrisées entre les pays qui partagent les mêmes frontières. En effet, la capacité d’action des États recroquevillés sur eux-mêmes se trouve désormais confrontée à la puissance des bouleversements des équilibres économiques, sécuritaires et de développement mondiaux qui impactent négativement les pays qui ne choisissent pas de mener une action résolue et concertée dans des blocs, des unions multilatérales ou bilatérales pour juguler autant que possible les aléas conjoncturels ou structurels des crises. C’est pourquoi un nouvel ordre mondial est en train de se dessiner.

D’où l’importance pour les pays du Maghreb et arabes de s’interroger sur la voie à emprunter pour faire face aux nouveaux défis qui nécessitent de nouvelles approches. Il ne sert à rien de s’apitoyer sur le sort de la défunte UMA ou de la Ligue arabe momifiée depuis des décennies et qui restent des coquilles vides alors que le monde bouge à une vitesse vertigineuse. À cet effet, l’action bilatérale entre nos deux pays ouvre la voie à une nouvelle dynamique régionale guidée par des valeurs communes et qui s’appuie sur une vision claire du monde et des intérêts réciproques portés par les deux pays. Elle restitue la volonté des deux chefs d’État de changer le cours des choses. Le ton émane d’une volonté inébranlable dont l’objectif est de servir les peuples des deux pays, de réaliser leurs rêves, leurs ambitions et leurs objectifs.

Mais ils aspirent aussi à une alliance nouvelle, grande et écoutée, rassemblée derrière une vision et une volonté claires et détaillées pour agir et obtenir des résultats tangibles. Car sans une alliance forte et active, nos deux pays ne pourraient apporter de réponse efficace aux grands défis de notre temps. Sans une alliance bilatérale assumant son rôle au niveau régional, mais qui reste ouverte pour les autres pays qui s’aligneraient sur les mêmes principes, un monde en pleine turbulence serait privé d’un pôle d’équilibre nécessaire.

Les liens historiques et géographiques qui unissent les peuples tunisien et algérien sont un rempart, un atout, une chance pour peu que nous ayons l’ambition et la volonté de les organiser et de les renforcer. Grâce à cette parfaite entente, moteur essentiel de cette alliance stratégique, c’est une marche commune basée sur le principe de bon voisinage et non par la puissance des armes, mais par des personnes qui partagent des valeurs humaines. Les cartes dans le monde commencent à bouger et les relations commerciales, économiques et politiques ont besoin de nouvelles approches plus équitables, plus respectables et plus humaines. La Tunisie et l’Algérie sont prêtes à agir de concert pour faire bouger les lignes sur la base de valeurs communes avec des approches innovantes axées sur l’entente et le respect mutuel.

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Auteur

Salem Trabelsi

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