Economie tunisienne : Des marges de progression importantes
Encore une fois, et malgré une conjoncture internationale totalement défavorable, l’économie tunisienne continue de résister et, surtout, de bien se comporter à l’extérieur, ce qui constitue un signal fort pour les donneurs d’ordres internationaux.
Le mérite de ce bon comportement revient à la fiabilité des choix retenus par le Chef de l’Etat et qui ont permis à nos secteurs productifs à bien réagir, malgré des ressources toujours limitées. D’ailleurs, l’agence de notation internationale Moody’s vient de maintenir notre pays sous des perspectives stables tout en réaffirmant l’importance des marges de progression dont dispose encore notre pays.
La Presse — La conjoncture économique mondiale reste sous forte pression en 2026, en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient et ses lourdes conséquences énergétiques, la volatilité du marché financier international et les barrières douanières américaines qui perturbent les transactions commerciales, pénalisant, en premier lieu, les pays importateurs d’énergies et les marchés émergents.
Ce tableau complexe a amené les économies, mêmes les plus optimistes, à revoir leurs projections et à avancer avec beaucoup de prudence faute de visibilité et de certitude.
D’ailleurs, le Fonds monétaire international a été amené à revoir ses prévisions pour l’économie mondiale pour se maintenir à une moyenne modérée de 3% pour 2026.
Pour la Tunisie, la situation se prête, en toute logique, à la vigilance même si, encore une fois, notre économie, comme le confirment les analystes, a démontré une capacité de résilience encourageante, malgré des finances limitées et des programmes de redressement et de relance assez exigeants au double niveau des moyens et des ressources.
Il faut reconnaître que le mérite de cette résistance revient à la performance du secteur agricole qui a permis de réduire, dans une large proportion, le déficit de la balance alimentaire. Et ce sont les branches des céréales et l’huile d’olive qui se sont montrées à la hauteur de leur statut de produits phares.
Les recettes touristiques et les transferts importants des Tunisiens à l’étranger, ont aidé, de leur côté, l’économie nationale à faire face aux exigences, notamment du marché international et à alléger la pression sur nos finances publiques.
L’on estime, par ailleurs, que l’adoption d’une discipline budgétaire rigoureuse , à travers surtout la maîtrise des coûts, la rationalisation des dépenses publiques, et l’amélioration de la gouvernance au niveau des entreprises publiques, ont permis à nos architectes économiques de créer de nouveaux espaces financiers pour répondre, à certaines exigences du développement.
Des défaillances à corriger
Il est nécessaire de préciser, en même temps, que le maintien par la Banque centrale de Tunisie d’un resserrement monétaire intelligent a eu un impact positif, notamment au niveau de l’inflation dont le taux a été ramené de plus de 7% à 5,3%.
En parallèle, il est important de souligner que cette capacité de résilience de l’économie a aidé la Tunisie à maintenir une bonne position extérieure et d’honorer, ainsi, ses principaux engagements internationaux. Un facteur essentiel pour rassurer les donneurs d’ordres mondiaux et réinstaurer une réelle dynamique d’investissements. N’oublions pas, comme on l’a déjà soulevé, que notre pays a réussi, depuis 2020, à assurer sa cinquième hausse annuelle consécutive au niveau des IDE. Le volume n’est pas certes, spectaculaire mais il est significatif et atteste d’une trajectoire positive et d’un retour progressif à la performance.
D’ailleurs, l’agence Moody’s a maintenu, le 24 juillet dernier, notre pays sous la perspective stable, malgré la forte pression des marchés internationaux.
Ce qui est réellement important, c’est que notre pays n’entend pas se contenter d’un tel niveau, puisqu’il ambitionne de positiver rapidement les perspectives de son économie. Une ambition tout à fait légitime surtout que l’agence Moody’s soulève que les marges de progression de l’économie tunisienne sont réellement importantes, il suffit de s’attaquer à certaines défaillances pour pouvoir les franchir. L’agence retient, surtout, la passivité du marché de l’emploi, la timidité de l’engagement du secteur privé, la complexité administrative, malgré les avancées réalisées et les charges financières liées aux entreprises publiques et qu’elle qualifie de toujours significatives.
En somme, l’on peut affirmer que le rapport de l’agence internationale est, avant tout, un signal fort pour les investisseurs étrangers, appelés à s’associer, encore plus, aux programmes de développement prioritaires de notre pays, et notamment le Plan de développement 2026-2030.



