Société

Production artisanale L’authenticité de l’offre d’abord

  • 8 août 2026
  • 4 min de lecture
Production artisanale  L’authenticité de l’offre d’abord

L’offre artisanale nationale, en déclin depuis quelque temps, a besoin aujourd’hui d’un programme de revalorisation à la base. Cela suppose l’élargissement de la formation et son alignement sur les nouvelles exigences, la réinvention de la production et l’adaptation de la commercialisation aux standards internationaux.
D’ailleurs, le Chef de l’Etat a réaffirmé, lors de ses différentes visites, notamment à Sejnane, la nécessité de préserver nos richesses patrimoniales, de soutenir nos créateurs locaux et de garantir l’authenticité et la particularité de l’offre nationale.

La Presse — Tous les indicateurs confirment que le secteur de l’artisanat connaît des difficultés sérieuses en raison de la concurrence industrielle, la domination du marché parallèle, le manque d’investissement dans la modernisation et l’innovation, et  surtout l’absence d’un véritable programme de numérisation, un facteur incontournable pour la promotion et la bonne commercialisation.

En parallèle, la  prolifération de la contrefaçon et la domination des produits industriels de masse ont affecté sérieusement la production artisanale et, surtout, l’écoulement de l’offre locale.

Autant de défaillances qui justifient la transition difficile du secteur qui passe du statut de pilier économique et culturel majeur  à une activité fragilisée. On parle même d’absence totale de visibilité et de perspectives peu rassurantes, malgré une contribution de plus de 4% au PIB et un volume d’emploi d’environ 300 000 artisans.

Et tout laisse croire que les crises structurelles du secteur devraient se maintenir, encore, dans une tendance négative, sauf une réaction profonde.

Il faut reconnaître que le coût élevé de la production ne permet plus aux professionnels du secteur, notamment les petits artisans, d’améliorer la qualité de leurs produits, de moderniser leur système de commercialisation, d’investir dans la numérisation et de diversifier leurs ventes, et cela se traduit, souvent, par une présence timide sur les marchés extérieurs.

Il est important de préciser à ce niveau que les difficultés du secteur varient d’une branche à l’autre. D’ailleurs, comme on l’a déjà soulevé, les structures spécialisées ont retenu un grand nombre de métiers qui risquent de disparaître.

Il s’agit, entre autres, des métiers de la terre, et notamment la poterie de Guellela, la tuile traditionnelle de Testour ou encore la gravure sur plâtre. Il s’agit aussi des métiers des métaux, du cuir et des fibres végétales, ou même les textiles rares et la broderie régionale.

Réinventer la commercialisation

Ce qui a aggravé encore plus la situation artisanale, c’est aussi le manque d’implication des décideurs du secteur et le désintéressement de certaines  structures d’appui. Un désengagement très lourd de conséquences, surtout en termes de valorisation et de promotion de l’offre locale. Et cela pourrait expliquer, à lui seul, le manque d’impact des différents salons internationaux qui sont devenus, malheureusement, de simples rendez-vous pour masquer les défaillances du secteur alors qu’ils étaient, autrefois, un atout  commercial majeur.

Il est clair donc que la crise du secteur est très profonde et nécessite, certainement, une restructuration à la base pour la revalorisation de l’offre.

Cela passe, de toute évidence, par le soutien au savoir-faire local, l’élargissement de la formation des créateurs, notamment de la nouvelle génération pour éviter une pénurie généralisée de talents, et la diversification des produits à travers une meilleure exploitation du potentiel des différentes régions. Un facteur essentiel pour la préservation de l’authenticité de l’offre locale.

Cela suppose, par ailleurs, un meilleur niveau d’investissement dans l’innovation, la modernisation et, en particulier, la digitalisation pour pouvoir espérer s’aligner aux nouvelles exigences de la commercialisation internationale, et notamment les ventes en ligne qui sont en train de dominer, de plus en plus, le marché mondial.

D’ailleurs, le Chef de l’Etat réaffirme, lors de ses différentes visites sur le terrain, la nécessité de préserver notre patrimoine national et de soutenir nos producteurs artisans, tout en garantissant l’authenticité et la particularité de notre offre.

Auteur

Anis SOUADI

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