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Plan 2026-2030 : De la vision à l’action

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  • 9 août 2026
  • 5 min de lecture
Plan 2026-2030 : De la vision à l’action

Après la phase de conception, le Plan de développement 2026-2030 entre dans une nouvelle étape cruciale, celle de la mise en œuvre. L’enjeu est de transformer les orientations arrêtées en réalisations concrètes, dans un contexte marqué par les contraintes financières et les incertitudes internationales.

La Presse — Le temps de la planification laisse désormais place à celui de l’action. Élaboré et validé en 2026, le Plan de développement 2026-2030 doit désormais franchir l’étape la plus délicate consistant à transformer une programmation ambitieuse en projets effectivement lancés, financés et réalisés. Derrière les chiffres et les orientations affichées se pose donc une question centrale : notre pays dispose-t-il des moyens et des mécanismes nécessaires pour donner corps à cette feuille de route dans les délais prévus ?

L’épreuve du terrain 

Cette nouvelle phase s’inscrit dans le prolongement de la réunion tenue le 21 juillet au palais de Carthage entre le président Kaïs Saïed, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, et le gouverneur de la Banque centrale, Fethi Zouhair Nouri. La réunion avait notamment porté sur le Plan de développement 2026-2030 et la question de la dette publique. Le Chef de l’État avait alors estimé que cette dette s’était accumulée sans que les Tunisiens en aient réellement bénéficié, tout en soulignant que la Tunisie avait honoré l’ensemble de ses engagements. Il avait appelé à transformer le poids de la dette en levier d’investissement, notamment pour reconstruire les services publics et répondre aux attentes de la population.

C’est aussi dans cette dynamique que la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, au début de ce mois, un nouveau Conseil ministériel restreint consacré aux grandes orientations du budget 2027. Cette réunion intervient alors que le gouvernement doit désormais inscrire ses choix budgétaires dans les priorités du plan quinquennal et mobiliser les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.

Le défi est de taille. Le Plan de développement 2026-2030 prévoit plus de 21 mille projets et programmes publics, pour un investissement global dépassant 101,8 milliards de dinars. Un volume qui donne la mesure de l’effort attendu, mais qui pose également la question de la capacité d’absorption de l’administration, du financement des projets et du rythme de leur réalisation. Car entre l’inscription d’un projet dans un document de planification et sa concrétisation sur le terrain, plusieurs étapes demeurent dont les études, le financement, les procédures administratives, les appels d’offres, la réalisation et bien entendu le suivi.

Financer, piloter, réaliser : le vrai test commence 

La question des ressources apparaît dès lors comme l’un des principaux enjeux de cette nouvelle phase. Le gouvernement entend notamment valoriser les ressources nationales, développer les secteurs à forte valeur ajoutée et réduire la dépendance à l’égard des financements extérieurs, conformément au principe du « compter sur soi ». Mais cette orientation devra être confrontée aux contraintes budgétaires, au poids de la dette et aux besoins importants d’investissement dans les infrastructures et les services publics.

Le changement se veut également méthodologique. Le plan a été élaboré selon une approche présentée comme ascendante et participative, partant des conseils locaux et régionaux pour remonter jusqu’au niveau national. L’enjeu est désormais de préserver cette logique au stade de l’exécution, afin que les priorités identifiées dans les régions ne restent pas cantonnées au stade de la planification et trouvent leur traduction effective dans les investissements publics.

Cela suppose aussi un dispositif de suivi capable d’identifier rapidement les retards et les blocages. Avec un portefeuille aussi important, la réussite du plan ne dépendra pas uniquement des montants mobilisés, mais également de la capacité des administrations et des entreprises publiques à conduire les projets, à respecter les calendriers et à mesurer régulièrement les résultats obtenus.

À cela s’ajoute un environnement international qui demeure incertain. Les répercussions des conflits, les tensions persistantes au Moyen-Orient et les perturbations des chaînes d’approvisionnement continuent de peser sur les économies, les prix et les équilibres financiers. Notre pays devra donc avancer dans un contexte où les marges de manœuvre restent limitées et où chaque investissement devra répondre à des priorités clairement définies.

Le véritable test commence ainsi maintenant. Après avoir construit une vision et identifié les projets, le gouvernement doit démontrer sa capacité à financer, piloter et réaliser cette feuille de route. L’enjeu du Plan 2026-2030 n’est plus seulement de savoir ce qui doit être fait, mais de montrer ce qui peut effectivement être réalisé, à quel rythme et avec quels moyens.

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Auteur

Samir DRIDI

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