Editorial

Sécurité routière : le conducteur, premier facteur de risque

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  • 10 août 2026
  • 3 min de lecture
Sécurité routière :  le conducteur, premier facteur de risque

Les chiffres sont têtus et dressent le portrait d’une hécatombe pourtant largement évitable. Au 5 août 2026, les routes tunisiennes ont déjà enregistré 2.712 accidents, qui ont fait 781 morts et 3.554 blessés.

D’après les données publiées par l’Observatoire national de la sécurité routière, la Tunisie enregistre des tendances contrastées entre le début de l’année et le 5 août. Si le nombre d’accidents de la route a chuté de 19,41 %, la mortalité routière s’est alourdie, affichant une hausse de plus de 10 % par rapport à la même période de l’an dernier.

Derrière ces statistiques se cachent des familles endeuillées et un coût humain considérable. Pourtant, ce ne sont ni les infrastructures ni les aléas mécaniques qui tuent le plus, mais bien les comportements humains, sans pour autant qu’ils en soient la cause exclusive.

L’inattention demeure la cause la plus fréquente des accidents, avec 769 collisions, soit 28,36 % du total. Téléphone au volant, distraction, fatigue ou simple relâchement de la vigilance. Quelques secondes suffisent pour faire basculer toute une vie. L’excès de vitesse tue le plus. Responsable de 615 accidents, il est à l’origine de 292 décès, soit plus d’un tiers des victimes.

À ces deux fléaux, s’ajoutent des comportements devenus courants dont le non-respect de la priorité, la circulation à contresens, les dépassements interdits, le franchissement des feux rouges ou la conduite en état d’ivresse. Ces infractions ne relèvent ni de la fatalité ni d’une méconnaissance du Code de la route, mais d’un sentiment d’impunité préoccupant.

Une question s’impose. Quid du contrôle ? Depuis des années, les annonces se succèdent à travers les médias :  dispositifs de contrôle mobiles et modernes, caméras capables de sanctionner automatiquement les infractions. Ces projets ont nourri l’espoir d’un changement de culture sur les routes tunisiennes. Toutefois, leur déploiement à grande échelle tarde à se concrétiser. En l’absence d’un contrôle perçu comme systématique, certains automobilistes refusent de mettre la ceinture de sécurité, continuent de  rouler à vive allure, de brûler les feux ou d’emprunter les sens interdits, d’utiliser le téléphone portable au volant,  convaincus que le risque d’être sanctionnés reste faible. Mais convaincus aussi que l’accident n’arrive qu’aux autres!

Or, la sécurité routière ne repose pas uniquement sur la responsabilité individuelle. Elle est aussi le fruit d’une politique publique cohérente, où prévention, aménagement des infrastructures et certitude de la sanction se complètent. Dans plusieurs pays, c’est la combinaison d’une présence accrue des forces de l’ordre et de systèmes automatisés de verbalisation qui a permis de réduire la mortalité routière.

Les chiffres de l’Observatoire national de la sécurité routière rappellent une évidence. La plupart des accidents mortels sont liés à des comportements évitables. Ils posent surtout une question essentielle : combien de vies auraient pu être épargnées si les règles avaient été davantage respectées, et surtout davantage appliquées ?

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Auteur

La Presse

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